☰ menu
Autres sites sur
Montesquieu

HAUT HAUT

De l'édition imprimée (2004) à l'édition en ligne (2018)

Plan

Moins de quinze ans après l’édition des Lettres persanes par la Société Montesquieu et l’UMR 5037 (ENS de Lyon) dans le cadre des Œuvres complètes de Montesquieu 1 , une nouvelle édition s’imposait-elle ? Les possibilités nouvelles offertes par le numérique incitaient à lancer le projet d’une édition en ligne des Œuvres complètes. Une réflexion menée en 2015 au sein du Conseil scientifique de la Société Montesquieu 2 en avait jeté les fondements, donnant lieu à une première concrétisation dès 2016, avec l’ouverture de la Bibliothèque virtuelle Montesquieu, qui dessinait de nouvelles perspectives : du projet initial d’une simple édition en ligne du Catalogue de La Brède, renforcé entretemps de l’entreprise plus ambitieuse d’une base de données sur la documentation et les méthodes de travail de Montesquieu, on était passé à l’élaboration d’un site destiné à présenter à terme, à partir des Œuvres complètes de Montesquieu fondées en 1987 par Jean Ehrard, un ensemble intitulé « Montesquieu. Bibliothèque & éditions ».

Pourquoi commencer par les Lettres persanes? Qu’il s’agisse de l’œuvre de Montesquieu la plus connue et la plus commentée est un argument qui a joué fortement, mais d’autres considérations tout aussi importantes entraient en ligne de compte ; la nécessité d’actualiser les connaissances devait emporter la décision. Cette fois encore, le projet a évolué au fur et à mesure qu’il avançait : du principe initial d’une simple reprise à l’identique, limitée à la seule correction des erreurs matérielles, on est passé à une réévaluation de l’édition imprimée ; sans aller jusqu’à envisager une refonte, Philip Stewart et Catherine Volpilhac-Auger ont proposé de réaliser une véritable « nouvelle édition » tenant compte de l’évolution des savoirs et des nouvelles exigences qui se sont imposées depuis 2004.

Outre la publication de plusieurs volumes consacrés aux seules Lettres persanes ou à Montesquieu 3 , celle du Dictionnaire Montesquieu, ouvert en 2008 pour sa première édition, en 2013 pour la seconde 4 , offrait un enrichissement considérable, auquel s’ajoutait la facilité de la consultation en ligne. Mais la progression de l’édition imprimée des Œuvres complètes, à elle seule, aurait imposé une telle démarche : depuis 2004, dix volumes ont paru 5 , et le domaine biographique lui-même a connu un fort renouvellement 6 . Il était impossible de ne pas en tirer les conséquences pour l’annotation comme pour les introductions. Il fallait aussi profiter de la liberté offerte par le numérique, qui permettait d’inclure des documents annexes tels que la transcription intégrale des Cahiers de corrections 7 . Enfin on devait compter avec la nécessaire correction d’erreurs, coquilles et négligences, plus nombreuses qu’on ne l’aurait voulu.

De telles évidences s’accompagnent d’un constat : l’accès aux éditions numérisées, sans rapport avec ce qu’il était au début des années 2000, a considérablement élevé le niveau d’exigence scientifique : ainsi il n’est plus tolérable désormais de renvoyer à deux éditions différentes du même ouvrage, ou de se contenter de références trop générales. L’uniformisation des références a donc été la règle, ce qui impliquait parfois de nouvelles recherches et des corrections. Ainsi apparaît une des principales nouveautés de cette édition : les enrichissements qu’elle offre grâce aux hyperliens qui permettent de lire les passages cités en les replaçant dans leur contexte 8  ; on pense en particulier aux sources comme Chardin ou Tavernier, mais aussi, de manière beaucoup plus large, à tout ce qui témoigne de la culture de Montesquieu et de ses contemporains, telle que l’annotation le suggère de manière nécessairement trop sommaire ou allusive. Il importe aussi de donner au lecteur les moyens de vérifier les textes reproduits 9 . Les citations qui figuraient dans l’édition imprimée n’en ont pas pour autant été sacrifiées : il importe de fournir aux lecteurs différents modes d’utilisation, selon qu’ils ont besoin d’approfondir ou d’élargir leur information, ou au contraire de s’en tenir à l’essentiel. Ce sont donc de nouveaux modes de lecture qui sont proposés.

Le travail de l’éditeur était sinon facile, du moins clair en ce qui concerne les éditions des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, que l’on a choisies, autant que possible, parmi celles qui ont été identifiées dans la bibliothèque de Montesquieu : la Bibliothèque virtuelle Montesquieu a ici joué pleinement son rôle en fournissant renseignements bibliographiques et références à des éditions numérisées. Il est plus malaisé sitôt qu’on aborde des textes antiques : certes, il est possible de renvoyer à des éditions anciennes (ce qui a été fait) ; mais il aurait été contradictoire d’avoir pour principe, dans l’édition en ligne comme dans l’édition imprimée, de traduire toute expression en langue étrangère 10 et de ne pas renvoyer à des traductions. Cela a conduit à s’appuyer sur des traductions quelque peu désuètes (elles remontent souvent au XIXe siècle) et surtout scientifiquement peu satisfaisantes, mais qui ont l’avantage d’être librement accessibles – car nous nous sommes donné comme règle de n’offrir que des liens vers des sites « ouverts ». Il a fallu se résoudre dans ce cas très particulier à un tel compromis, alors que pour certains auteurs qui apparaissent souvent au fil de l’annotation, comme Saint-Simon, on a préféré éviter de renvoyer à des éditions accessibles en ligne, mais qui n’offraient aucune garantie scientifique.

Si l’évolution de l’annotation, des textes introductifs et des annexes est importante 11 , la révision du texte n’a pas entraîné les mêmes corrections : le travail avait été soigneux et s’il a fallu modifier quelques détails, car les imprimés étaient devenus plus faciles à contrôler grâce aux exemplaires numérisés, les principes et leur application n’ont guère connu de changement 12 . Les seules modifications notables sont dues aux contraintes de la présentation à l’écran et à des particularités purement formelles suscitées par les impératifs du codage. Tout ce qui ne relevait pas du sens du texte et ne dépendait que de l’officine d’imprimerie responsable du texte de 1721 a été sacrifié à ces nécessités : ainsi du jeu, parfois purement esthétique, entre romain et italiques, bas de casse et petites capitales – alors que les italiques qui permettent de distinguer les différents niveaux narratifs d’une même lettre ont été soigneusement conservés 13 .

La présentation simultanée du texte, des variantes et de l’annotation (ainsi bien sûr que des notes de Montesquieu, fort peu nombreuses dans les Lettres persanes 14 ), qui était un des avantages remarquables de l’édition imprimée, constitue un enjeu de taille, à la fois technique et graphique, qui incite à réfléchir aux finalités de l’édition critique comme aux spécificités de l’édition en ligne : peut-on se permettre, au nom des nombreuses avancées qui ont été soulignées plus haut, de régresser sur un point aussi important ? Il nous a semblé impossible qu’une édition critique se présente comme la plupart des publications en ligne actuelles, qui proposent en marge les premiers mots des annotations (ou des notes de l’auteur), dont l’intégralité est proposée à la fin d’une section du texte : cela contraint le lecteur à circuler sans cesse d’un niveau à l’autre, en perdant de vue la continuité du texte comme celle de l’annotation, et ne se justifie guère que lorsque celle-ci est constituée de simples références. Nous savons aussi qu’une édition savante telle que la nôtre n’a pas pour fin une lecture rapide du seul texte de Montesquieu ; il fallait donc trouver le moyen de présenter conjointement tous les éléments de l’édition, ce qui a nécessité la création d’une interface spécifique 15 .

Les choix de présentation soulèvent même des questions d’ordre scientifique. Il était tentant en effet d’aller plus loin que cette juxtaposition : pourquoi ne pas user des facilités du numérique pour fournir des substitutions, en remplaçant par leurs variantes les portions de texte qui en sont affectées ? Mais ce serait créer un monstre en greffant des corrections manuscrites sur un texte imprimé, et même en insérant dans l’édition de 1721 des passages empruntés à l’édition de 1758, qui a ses caractéristiques propres d’orthographe, de typographie, de ponctuation. Une présentation en parallèle nous a donc paru suffisante, et préférable.

Un autre enjeu scientifique se profile : une mise en ligne progressive des autres volumes de l’édition, qui reste l’horizon à atteindre à moyen et long terme, devrait permettre une véritable circulation à travers l’œuvre entière de Montesquieu. De nouveaux problèmes se poseront ; il faudra les résoudre au fur et à mesure. L’édition des Lettres persanes constitue de ce fait une réalisation expérimentale, le premier pas d’une édition nouvelle qui reste dans la parfaite continuité du projet lancé en juin 1987 par Jean Ehrard.

Catherine Volpilhac-Auger
Présidente de la société Montesquieu
Université de Lyon
UMR 5317 (ENS de Lyon)

Auteurs

Édition revue et corrigée par Philip Stewart et Catherine Volpilhac-Auger (2018)

Établissement du texte : Edgar Mass, Philip Stewart et Catherine Volpilhac-Auger

Annotation : Pauline Kra, Didier Masseau, Philip Stewart, Catherine Volpilhac-Auger

Textes complémentaires :

  • Introduction :
    « L’écriture : de la rédaction à l’édition », Catherine Volpilhac-Auger
    « Lectures », Philip Stewart et Catherine Volpilhac-Auger

  • Les Cahiers de corrections :
    « Description », Catherine Volpilhac-Auger
    « Étude des différents papiers », Claire Bustarret (CNRS, Centre M. Halbwachs (ETT), EHESS)

    « Transcription », Edgar Mass et Catherine Volpilhac-Auger, avec la collaboration de Jean-Paul Schneider (Université de Strasbourg II)

  • Lettres publiées dans Le Fantasque, Textes repris dans les Pensées, Liens vers des éditions numérisées : Catherine Volpilhac-Auger

  • La chronologie musulmane des Lettres persanes, Liste des personnages, Table chronologique des lettres et concordance des éditions, Table des matières contenues dans les Lettres persanes (1758) : Philip Stewart.

Remerciements

En 2018 comme en 2004, la Société Montesquieu tient à exprimer sa gratitude à tous ceux qui ont bien voulu aider de leur savoir l’équipe éditoriale. Certains d’entre eux l’ont fait temporairement ; à eux aussi elle doit des remerciements, pour avoir contribué à la maturation de l’ouvrage qui voit enfin le jour. Nous remercions tout particulièrement en son nom Jean Bart, Hans Bots, François Cadilhon, Véronique Costa, Nathalie Fournier, Jean Marie Goulemot, Ruth Hill, Hélène Himelfarb, Catherine Larrère, Caroline Le Mao, Sophie Linon-Chipon, Alberto Postigliola, Pierre Rétat, Sylvie Romanowski, Jean Sgard, Alexandre Stroev, Jean-Jacques Tatin-Gourier, Diego Venturino, Françoise Weil. En Jean-Paul Schneider nous avons trouvé un relecteur attentif et précis, qui nous a considérablement aidés à parachever l’ensemble.

Le travail scientifique et technique préalable à la publication de ce volume a bénéficié du soutien

  • de la British Academy
  • de la Ville de Grenoble
  • du Centre national du livre
  • du Conseil régional d’Aquitaine (Centre régional des lettres d’Aquitaine)
  • de Christ’s College (Cambridge)
  • de la Deutsche Forschungsgemeinschaft (Bonn)
  • de Duke University (Durham, USA)
  • de l’Ecole normale supérieure Lettres et sciences humaines (Lyon)
  • du Leverhulme Trust
  • de l’université de Tours et de l’Institut universitaire de France
  • de l’université de Grenoble 3 (UMR CNRS LIRE, no5611)
  • de l’université de Cambridge
  • de l’UMR CNRS no5037 (Saint-Etienne et ENS-LSH, Lyon)
  • de l’université de Clermont-Ferrand 2 (Centre de recherches révolutionnaires et romantiques)
  • des universités de Cologne et de Leipzig
  • des autres institutions suivantes :
    • Bibliothèque nationale de France
    • Beinecke Library, Yale University
    • Bibliothèque municipale classée de Bordeaux
    • University Library, Cambridge

Principes de cette édition

L'affichage peut varier selon la taille de l'écran, introduisant un léger décalage des appels de notes et de la ponctuation, auquel on peut remédier en jouant sur la largeur des panneaux (Variantes ou Manuscrit ; Texte ; Notes ; Annotations).

Texte de base

L’édition choisie comme texte de base est l’édition originale (dite édition A), parue chez l’imprimeur Jaques Desbordes par les soins de Suzanne de Caux en mai 1721, sous l’adresse fictive de Pierre Marteau (Courtney : 21PM1 16 ), dont nous avons corrigé les coquilles (fautes typographiques que tout lecteur corrige de lui-même). Nous ne modifions ni les erreurs (omissions, confusions) qui ne peuvent être perçues comme telles que par la comparaison des éditions, ni l’orthographe (sauf en cas d’erreur manifeste : fautes d’accord) ; nous signalons en note de telles difficultés.

Variantes

Les variantes qui figurent dans l’apparat critique proviennent d’un ensemble de manuscrits et de deux éditions.

Éditions :

  • B : « seconde édition » (mêmes adresses réelle et fictive que A ; Courtney 17  : 21 PM2) ;
  • Œ58, Œuvres de Montesquieu, 1758, in-quarto, « Amsterdam et Leipzig, Arkstée et Merkus » (= Paris, Huart et Moreau).

Nous n’en avons relevé ni les coquilles, ni les différences de graphie (grandes ou petites capitales, bas de casse), d’orthographe et de ponctuation, qui n’en changent jamais le sens et relèvent, non d’une intention de l’auteur, mais des usages propres à l’atelier, au prote ou au compositeur. On relève notamment en 1758 une multiplication de la ponctuation (virgules, points-virgules, points d’exclamation et d’interrogation).

La numérotation des lettres est différente dans chacune de ces éditions ; afin de ne pas alourdir l’apparat critique, nous avons donné un tableau de concordance (Table chronologique des lettres et concordance des éditions). De même nous n’avons pas signalé chaque fois les différences que comporte la formule finale des lettres : dans l’édition A, « A Paris » ; dans les éditions B et Œ58, le plus souvent « De Paris » ; dans les manuscrits, l’usage, non significatif, varie d’un secrétaire, voire d’une lettre à l’autre.

Il faut y ajouter, pour une seule lettre (Lettre supplémentaire 4), les variantes tirées de la version publiée dans Le Fantasque en 1745 :

  • F : Le Fantasque, Amsterdam, Du Sauzet, V, 21 juin 1745.

Manuscrits :

  • 2506/4 : ce sigle désigne un feuillet unique du fonds de La Brède qui se rapporte à une seule lettre (Lettre 67) ;
  • a, b, c, désignent les trois états successifs du Grand et du Petit Cahier de corrections (voir Cahiers de corrections ) ; C désigne l’accord de ces trois versions.

Le sigle a désigne les passages présents dès le premier état du Grand Cahier ; employé seul, il implique (par défaut) que le passage a été biffé et n’a pas été retenu par les versions suivantes des Cahiers ; nous n’avons donc pas utilisé le biffé (xxxx ), sauf dans les cas où il s’agit d’une biffure à l’intérieur d’une phrase.

Le sigle b désigne ceux qui ont franchi le stade de la relecture du Grand Cahier, et figurent donc dans le Petit Cahier ; il est exceptionnellement employé seul ; seulement précédé de a, il implique (par défaut) que le passage a été finalement biffé sur le Grand Cahier, donc qu’il n’appartient qu’aux deux premiers stades de la rédaction – phénomène particulièrement intéressant, puisque le dernier stade ne peut être formellement attribué à la volonté de Montesquieu.

Le sigle c désigne la version finale du Grand Cahier ; précédé de b, il implique que le passage a été recopié depuis le Petit Cahier.

Le sigle C désigne les passages restés identiques aux trois stades des Cahiers de corrections. Si nous avions employé la formule a, b, c, nous aurions risqué de faire apparaître comme relevant de plusieurs étapes successives d’écriture ce qui constitue sur le Grand Cahier un seul et même passage non altéré.

Une différence entre C, qui atteste de la volonté continue de Montesquieu jusqu’au stade ultime des Cahiers, et Œ1758 (les Œuvres de 1758), doit amener à conclure à une mauvaise lecture des éditeurs de 1758 ou à leur réticence à admettre telle ou telle correction (voir Introduction, « Les Cahiers de corrections et l’édition de 1758 »).

Nous n’avons pas relevé les variations graphiques et orthographiques d’une version (manuscrite) à une autre (manuscrite ou imprimée) ; nous avons suivi l’orthographe de l’imprimé quand il en existait une version, l’orthographe du premier état du Grand Cahier quand il existait plusieurs versions manuscrites. Il en est de même pour la ponctuation, très fluctuante, parfois inexistante dans les manuscrits : il était inutile d’en signaler les variations (sauf dans les cas où Montesquieu rectifie une ponctuation erronée, qui influait sur le sens). Enfin, nous n’avons pas signalé les quelques ratures provenant manifestement de l’inattention du copiste, notamment le secrétaire V (Petit Cahier), qui n’écrit pas sous la dictée mais recopie sans intervention de l’auteur un texte qu’il ne comprend pas toujours : ces ratures se caractérisent par l’emploi d’un mot immédiatement biffé et corrigé (sur la même ligne), sans que d’une version à l’autre la formulation définitivement retenue comporte le moindre changement. De même, nous n’avons pas retenu les bévues du copiste, quand il oublie un mot ou l’écrit de manière erronée (voir Introduction, « L’écriture : de la rédaction à l’édition », note 129).

Transcription des manuscrits

Le texte des manuscrits, tel qu’il se présente dans les variantes et dans les documents complémentaires (Cahiers de corrections et Textes repris dans les Pensées ), est reproduit fidèlement, mais non paléographiquement ni diplomatiquement, conformément à la plupart des principes adoptés par les publications de la Société Montesquieu à partir de 2008. Le principe est celui d’une transcription linéaire qui rende compte de la succession des opérations d’écriture.

  • Les lettres, mots et phrases biffés ou raturés apparaissent biffés (xxxx
  • {les passages biffés à grands traits apparaissent encadrés ; le début et la fin en sont signalées par de petites accolades}

  • les lettres, mots et passages biffés non déchiffrés sont signalés comme tels entre crochets ;
  • les passages ajoutés, quelle que soit leur position (au-dessus ou en dessous des lignes, ou dans les marges gauche et droite, ou encore entre les lignes), sont encadrés par des flèches, ascendante au début du passage (↑), descendante à la fin (↓) pour indiquer le retour au niveau du texte (dans les éditions imprimées des Œuvres complètes, le début est marqué par une flèche ascendante, la fin par le signe « + ») ;
  • le passage d’un folio à l’autre est indiqué dans le texte entre crochets : [f. 24 r ], [f. 24 v ] ;
  • les titres sont centrés s’ils le sont sur le manuscrit ; les autres dispositions sur la page ne sont pas signalées, sauf si elles présentent un intérêt particulier ;
  • les particularités graphiques et orthographiques (y compris l’accentuation) sont scrupuleusement respectées, mais les majuscules sont supprimées pour les noms communs (le roi, le comte…), rétablies pour les noms de peuples, de personnes et de lieu. Elles sont rétablies en tête de phrase ;
  • les mots liés sont séparés (« parceque » est transcrit « parce que ») ; l’apostrophe est rétablie (« lun » est transcrit « l’un »), mais non le trait d’union ;
  • les abréviations sont laissées telles quelles, sauf quand elles sont peu claires pour un lecteur d’aujourd’hui : elles sont alors développées silencieusement ; c’est notamment le cas des barres horizontales au-dessus d’une consonne, qui en indiquent le doublement ;
  • les mots et lettres rétablis sont placés entre crochets carrés « [ ] » ;
  • dans les cas où le manque de ponctuation rend le texte inintelligible ou ambigu, on sépare les phrases par la ponctuation appropriée entre crochets : [.], [,], [:], [?]. Le mot suivant ne porte pas de majuscule ;
  • l’identification du scripteur est indiquée au début de chaque feuillet et à chaque changement de main ; si un scripteur autre que le scripteur principal intervient pour une correction ou une addition, par défaut son intervention est limitée à celles-ci ; le retour à la main principale n’est signalé que si l’intervention secondaire est longue ou complexe ;
  • les scripteurs sont indiqués par une lettre en capitale, en exposant, suivant le code suivant :
    • M : Montesquieu
    • I : activité de copiste au printemps 1743
    • P : Louis Damours (en activité de janvier 1748 à fin juillet 1750)
    • R : Henri (Henry) Saint-Marc (activité attestée d’octobre 1751 à mars 1754, avec une marge d’incertitude avant et après)
    • V : activité pouvant être datée de 1754, avant et pendant l’activité de S (sans autre précision)
    • S : Florence Fitz-Patrick (activité attestée à partir de mai 1754, puis auprès de Jean-Baptiste de Secondat après la mort de Montesquieu)

Cas particuliers des Cahiers de corrections : nous signalons par un soulignement en pointillés les passages qui n’ont été biffés qu’à la toute dernière étape de la préparation du manuscrit (peut-être postérieure à la mort de Montesquieu).

Notes

1 Texte établi par Edgar Mass, avec la collaboration de Cecil Courtney, Philip Stewart, Catherine Volpilhac-Auger. Introductions et commentaires sous la direction de Philip Stewart et Catherine Volpilhac-Auger. Annotation de Pauline Kra, Didier Masseau, Philip Stewart, Catherine Volpilhac-Auger. Coordination éditoriale : Caroline Verdier. Oxford, Voltaire Foundation, 2004 (Œuvres complètes de Montesquieu, tome 1).

2 Voir, dans la rubrique « Œuvres complètes » du site Montesquieu, le compte rendu de la réunion du 22 mai 2015. La réflexion s’est prolongée lors des comités de direction de 2015, 2016 et 2017.

3 Les Lettres persanes en leur temps, Philip Stewart dir., Paris, Classiques Garnier, 2013 ; Les Lettres persanes de Montesquieu, Christophe Martin dir., Paris et Oxford, Presses universitaires de Paris-Sorbonne et Voltaire Foundation, 2013 ; Montesquieu en 2005, C. Volpilhac-Auger dir., Oxford, Voltaire Foundation, SVEC, 2005.

4 Dictionnaire Montesquieu, Catherine Volpilhac-Auger dir., avec la collaboration de Catherine Larrère, ENS de Lyon.

5 Collectio juris, 2005, 2 volumes ; Œuvres et écrits divers II, 2006 ; Geographica (Extraits et notes de lectures I), 2007 ; De l’esprit des loix (manuscrits ), 2008, 2 vol. ; Défense de L’Esprit des lois, 2010 ; Mes voyages, 2012 ; Correspondance II, 1731-1747, 2014 ; Extraits et notes de lectures II, 2017. Le volume Correspondance III, 1747-1750, est sous presse en 2018, tandis que les deux volumes des Pensées sont fortement avancés.

6 C. Volpilhac-Auger, Montesquieu, Paris, Gallimard, Folio Biographies, 2017.

7 Cette transcription a rendu inutile la section « Pour une étude génétique des Lettres persanes  », puisque chaque lecteur peut désormais comparer les différentes versions des textes qui y étaient présentés (OC, t. 1, p. 571-582).

8 Ces liens renvoient en général à une page précise, et sont pour cette raison attachés à la mention même de la page, ou à l’entrée utilisée, quand il s’agit d’un dictionnaire ; certaines numérisations n’étant pas accessibles de manière aussi précise (par exemple pour les ouvrages à pagination multiple), le lien porte sur l’adresse générale de l’ouvrage.

9 Il nous a fallu aussi parfois reconnaître les limites de l’exercice : durant la préparation de cette nouvelle édition (2016-2017), il nous a été impossible de trouver en ligne un exemplaire de l’édition de 1704 du Grand Dictionnaire historique de Moreri, que Montesquieu possédait (Catalogue, no 2504) ; or nous savons qu’il l’a lue de près puisqu’il y a porté des annotations ( OC, t. 17, 2017, p. 219-228) : il était indispensable d’y renvoyer. Nous avons donc donné un double système de références, d’abord à l’édition de 1704, ensuite à l’édition de 1718 (la plus proche par sa date des Lettres persanes ) que nous avons trouvée en ligne sans difficulté ; mais nous avons vérifié chaque référence et surtout chaque citation sur l’exemplaire même du Grand Dictionnaire historique ayant appartenu à Montesquieu (nous remercions le possesseur de cet ouvrage de nous avoir généreusement ouvert sa bibliothèque).

10 Voir les Principes de cette édition.

11 Nous avons aussi annoté les textes des Pensées concernant les Lettres persanes, qui étaient restés en attente en 2004, car ils livrent des aperçus sur l’histoire du texte et bien sûr présentent un intérêt propre (voir Textes repris dans les Pensées ).

12 Sauf pour la présentation des documents manuscrits, auxquels il fallait appliquer les normes de transcription adoptées par la Société Montesquieu à partir de 2008 : voir les Principes de cette édition.

13 De même, des raisons purement matérielles (dues à des conflits de codage), sur lesquelles notre attention a été attirée lors de la réalisation de la « Bibliothèque virtuelle Montesquieu », nous ont fait renoncer à certains détails typographiques, comme par exemple l’usage des petites capitales.

14 Pour éviter toute confusion, nous appelons annotation les notes d’éditeur, réservant le terme notes à Montesquieu lui-même.

15 Celle que propose l’équipe ENCCRE pour l’édition critique de l’Encyclopédie offrait un modèle qui méritait d’être pris en compte, malgré les différences patentes entre ce projet et le nôtre.

16 Voir Liens vers des éditions numérisées.

17 Nous désignons ainsi l’introduction bibliographique de Cecil Courtney, OC, t. 1, 2004, p. 84-131.