☰ menu
Autres sites sur
Montesquieu

HAUT HAUT

Les éditions d’Œuvres complètes de Montesquieu du XVIIIe au XXIe siècle

Plan

Un nouveau maillon à la chaîne des temps

À la mémoire de Robert Shackleton

Le corpus des œuvres de Montesquieu commence à se constituer peu après la mort de l’auteur. Il s’enrichit modestement jusqu’à la fin du siècle où le mouvement s’accélère avec l’édition Plassan (an IV, 1796). Au XIXsiècle les éditions collectives se multiplient sous le titre d’Œuvres ou Œuvres complètes de Montesquieu : la plus notable est donnée par Laboulaye en 1875-1879, mais il faut attendre le lendemain du bicentenaire de la naissance du philosophe des lois pour que voient le jour, à l’initiative de la Société des bibliophiles de Guyenne, nombre de manuscrits conservés à la bibliothèque de La Brède. Un nouveau pas est franchi au milieu du XXe siècle avec l’édition Masson de 1950-1955, les inédits qu’elle publie et les travaux érudits dont elle apporte les résultats. Tout n’était pas dit pour autant, et le principe d’une nouvelle édition s’est imposé dans les années 1980, avant même que le transfert à la bibliothèque municipale de Bordeaux des archives de La Brède ne vienne ouvrir aux chercheurs, donc aux éditeurs, de nouveaux chantiers. Le Montesquieu du XXIe siècle qu’espère proposer la présente édition sera différent de ses devanciers, mais il sera aussi leur héritier. C’est pourquoi il est nécessaire de faire sommairement l’inventaire de cet héritage, d’abord pour la constitution même du corpus, ensuite par l’examen des motivations des principales entreprises éditoriales, avant de présenter d’une part les problèmes que posent à l’ambition critique d’aujourd’hui les manuscrits conservés, d’autre part la philosophie ou les principes de cette nouvelle entreprise.

La constitution du corpus

Tout commence en 1758, avec les trois volumes des Œuvres de Monsieur de Montesquieu, nouvelle édition, revue, corrigée, et considérablement augmentée par l’auteur, qui s’annoncent comme publiés à Amsterdam et Leipsick chez Arkstée et Merkus (en réalité à Paris, chez Huart et Moreau). Autour des trois ouvrages majeurs cette édition rassemble, au tome premier, l’Éloge de M. de Montesquieu et l’Analyse de L’Esprit des lois par D’Alembert (1755), ainsi que le Discours de réception à l’Académie française (1728) ; au tome second, la Défense de L’Esprit des lois (1750) complétée d’Éclaircissements et de Lysimaque (1754) ; au tome troisième, le Dialogue de Sylla et d’Eucrate (1745) ; Le Temple de Gnide, suivi de Céphise et l’Amour (1725), et deux petits inédits, addition de dernière minute, la Chanson « Amour, après mainte victoire [...] », et le Portrait, en vers, de madame de Mirepoix, enfin le fragment de l’Essai sur le goût, publié l’année précédente, au tome VII de l’Encyclopédie.

Jusqu’en 1796, à l’exception de la prétendue édition londonienne de 1767 mentionnée ci-dessous, les éditions suivantes n’apportent à cet ensemble que de modestes enrichissements. En 1765 le tome IV des Œuvres publiées à Copenhague et Genève, chez Claude Philibert (1764-1765) ajoute aux Opuscules des vers À Dassier, sur la célèbre médaille de 1753. En 1767 une nouvelle édition Huart et Moreau, sous la fausse adresse de Londres, Nourse, incorpore à son tome III soixante-trois Lettres familières, avec un Avertissement, ainsi que les Adieux à Gênes joints la même année à la seconde édition du recueil de lettres publié en 1767 par Guasco. Les Three letters of M. de Montesquieu to M. le chevalier Bruant que prétendent donner en 1777 The complete Works of M. de Montesquieu translated from the French [...] (London, T. Evans and W. Davies, 4 volumes) et qui seront reprises en 1800 par Vernor et Hood dans The Works of M. de Secondat… sont apocryphes. En 1783 le recueil d’Œuvres posthumes publié à Paris, chez de Bure, par Jean-Baptiste de Secondat, reprend le Discours prononcé à la rentrée du parlement de Bordeaux le jour de la Saint-Martin 1725 (1771) et l’Ébauche de l’éloge historique du maréchal de Berwick (1778) ; il révèle également Arsace et Isménie. Ces textes s’ajoutent au corpus initial à partir de l’édition donnée « Aux Deux Ponts, chez Samson et Compagnie » en 1784 (huit volumes in-douze ; voir au tome VIII) ; on les retrouve dans les éditions d’Amsterdam, sans autre indication d’origine, en sept volumes dont la publication s’échelonne entre 1785 et 1790. En France l’édition Bastien de 1788, en cinq volumes, importante par ailleurs, ne révèle pas de texte nouveau. Même constat en 1792 pour l’édition donnée à Lyon, en sept volumes également, par les frères Bruyset et, la même année, pour celle de la Société typographique de Sarrebruck – huit tomes en six volumes – qui ajoute cependant à la correspondance une lettre de Montesquieu à Helvétius, du 11février 1749, connue depuis 1783 grâce à l’Almanach littéraire.

Depuis 1787 les Pensées avaient cependant commencé à être données au public 1 . En 1795, an III de la République, un premier ensemble de Pensées diverses fait donc son apparition au douzième et dernier volume de l’édition produite à Paris par Pierre Didot l’Aîné. On ne les retrouve en l’an IV ni dans l’édition parisienne J.-J. Smits et Cie, réduite en fait dans ses trois volumes à L’Esprit des lois, avec ses annexes, et à Lysimaque, ni dans celle des libraires Favre et Duchesne, en douze volumes, ni dans l’édition Gueffier et Langlois, en cinq volumes. En revanche la somptueuse édition Plassan de l’an IV ne manque pas de leur faire place dans le quatrième de ses cinq volumes, où cent soixante-dix-huit fragments – dont quatre, il est vrai, d’attribution douteuse – voisinent avec des œuvres de jeunesse jusque-là inédites : la Dissertation sur la politique des Romains dans la religion, le Discours de réception à l’académie de Bordeaux, le Discours prononcé à la rentrée de la même académie, le 15 novembre 1717, les Discours sur les causes de l’écho et sur l’usage des glandes rénales de 1718, les Observations sur l’histoire naturelle de 1719-1721, les Discours sur la cause de la pesanteur des corps et sur la cause de la transparence des corps de 1720, le Discours sur les motifs qui doivent nous encourager aux sciences de 1725, et celui de 1726 contenant l’éloge du duc de La Force. À cet ensemble de textes s’ajoute le Projet d’une histoire physique de la Terre ancienne et moderne (1719), tandis que la correspondance, sous le titre de Lettres familières emprunté à Guasco, compte désormais quatre-vingts pièces. Dans le dernier volume de la même série, une Chanson inédite, « Nous n’avons pour philosophie », le Madrigal : à deux sœurs qui lui demandaient une chanson et l’Invocation aux Muses (1790). L’éditeur était donc fondé à rapprocher cette belle publication de celles de 1758 et de 1767 pour souligner l’intérêt de son propre apport : « Tel est le fruit de nos recherches depuis deux ans dans les bibliothèques et chez les amis de Montesquieu 2 . »

Pendant plusieurs décennies le XIXe siècle va se borner, pour l’essentiel, à exploiter cet acquis, à l’exemple de l’édition J. Decker, de Bâle, en 1799 (huit volumes). Sous la Restauration et la Monarchie de Juillet plusieurs éditions apportent des lettres supplémentaires 3  : c’est ainsi que le dossier de L’Esprit des lois s’enrichit dans l’édition Dalibon de 1822 de la Réponse à M. de Risteau, du 19 mai 1751 (publiée par Bernadau en 1810), puis dans l’édition Lefèvre de 1826 de la Lettre en réponse aux objections de Grosley, du 8 avril 1750 (publiée par Patris en 1810). Mais dans les dernières éditions du Second Empire et des premières années de la IIIe République – par exemple l’édition Hachette, en trois volumes, de 1873-1874 ou l’édition Firmin Didot et Cie, en un volume, de 1877 – la correspondance n’atteint pas cent pièces : quatre-vingt-dix-neuf exactement, y compris deux lettres du baron de Secondat de Montesquieu à l’abbé Guasco, soit seulement moitié plus qu’en 1767. Dans toute cette longue période, où se multiplient – comme on va le voir – éditions, notes et commentaires, le seul inédit à voir par ailleurs le jour est les Notes sur l’Angleterre qui apparaissent en 1818 à la fin du tome V de l’édition Lefèvre avec cet Avis énigmatique de l’éditeur à la page 185 : « Il est inutile de dire comment le morceau suivant s’est trouvé en notre possession : tout ce que nous pourrions donner de détails à ce sujet n’ajouterait rien à l’authenticité d’un écrit où il est impossible de méconnaître la main de Montesquieu. »

Sous la Restauration, nous allons y venir, Montesquieu est un allié de poids dans la lutte politique : en 1818 les Notes sur l’Angleterre arrivent à point pour nourrir le débat autour des idées libérales. Tant il est vrai que la production publique d’inédits ne relève pas seulement du travail et des chances de la recherche, mais obéit aussi à la logique de l’idéologie et du commerce. Les sept grands et beaux volumes qu’Édouard Laboulaye publie de 1875 à 1879 chez les frères Garnier, dans la collection des « Chefs-d’œuvre de la littérature française », ne font certes pas exception à la règle. Mais ils se distinguent de toutes les éditions apparues depuis Plassan à la fois par leur qualité matérielle et visuelle et par le soin apporté à l’établissement du texte. Rares avaient été jusque-là les notes d’apparat critique : Louis Parrelle pour l’édition Lefèvre de 1826, Jules Ravenel pour l’édition de Bure de 1834 avaient eu au moins des velléités en ce sens et l’édition de 1834 se présentait même comme « mise en ordre et collationnée sur les textes originaux ». L’exigence critique s’amplifie considérablement avec Édouard Laboulaye dont l’Avertissement placé en tête du premier volume annonce « les variantes des premières éditions ». Elle s’accompagne d’autres nouveautés ou redécouvertes : la principale nouveauté est au tome VII où la correspondance bondit de quatre-vingt-dix-neuf à cent cinquante-huit lettres. Par ailleurs le tome II reprend le parallèle de Tibère et Louis XI, fragment des Réflexions sur le caractère de quelques princes révélé au public bordelais en 1834 par le périodique La Gironde ; et le tome VII emprunte à la Bibliothèque française de 1726 l’analyse du mémoire adressé en 1725 à l’académie de Bordeaux, De la considération et de la réputation ; il y ajoute ainsi le Voyage à Paphos, édité à deux reprises du vivant de Montesquieu – en 1727 dans Le Mercure de France et sous forme de brochure à Florence en 1747 – et que les précédentes éditions des Œuvres, à tort ou à raison, avaient négligé. Additions encore mineures, mais qui apparaissent rétrospectivement comme autant de pierres d’attente pour de nouvelles recherches.

L’édition Laboulaye était donc à sa date la plus « complète » de toutes les éditions connues : elle devait le rester trois quarts de siècle, alors que telle de ses devancières et rivales – l’édition Hachette de 1865 en trois volumes in-seize – poursuivait sa carrière jusqu’à la veille de la Première Guerre mondiale. Pourtant cet instrument de travail encore inégalé au lendemain de la Seconde Guerre s’était vu très vite dépassé par des découvertes qu’il avait lui-même préparées. L’événement majeur est né du second centenaire de la naissance de Montesquieu, quand les descendants de celui-ci prirent la décision de publier les manuscrits qui dormaient au château de La Brède. Dès 1891 le baron de Montesquieu publie à Bordeaux (Gounouilhou) et Paris (Rouam), sous le titre Deux opuscules de Montesquieu, le texte même du traité De la considération et de la réputation, précédé des Réflexions sur la monarchie universelle en Europe. Dès l’année suivante un volume de Mélanges inédits, de même origine, apporte une riche moisson : Discours sur Cicéron, Éloge de la sincérité, Histoire véritable, avec des variantes et la critique de Jean-Jacques Bel,Dialogue de Xantippe et de Xénocrate, Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères, De la politique, Réflexions sur le caractère de quelques princes et sur les événements de leur vie, Lettre de Xénocrate à Phérès, Remarques sur certaines objections que m’a faites un homme qui m’a traduit mes Romainsen Angleterre, Mémoire sur la Constitution, Mémoire sur les dettes de l’État, Mémoire contre l’arrêt du Conseil du 27 février 1725 : plus de deux cent cinquante pages entièrement nouvelles, avec une introduction de Raymond Céleste, une préface d’Henri Barckhausen décrivant les manuscrits, des notes de Barckhausen et de Reinhold Dezeimeris. Elles sont presque aussitôt suivies, en 1894 et 1896, des deux volumes où Barckhausen réunit, sous le titre de Voyages, les notes prises par Montesquieu en Autriche, Italie, Allemagne et Hollande, la Lettre sur Gênes, les Mémoires sur les mines, les Réflexions sur la sobriété des habitants de Rome comparée à l’intempérance des anciens Romains, De la manière gothique et les Souvenirs de la cour de Stanislas Leszczynski. Viennent ensuite, toujours sous l’égide de la Société des bibliophiles de Guyenne et à l’initiative du même Barckhausen, deux volumes de Pensées et fragments inédits (1899 et 1901). Puis, en 1902, une seconde version de l’Histoire véritable, éditée par Bordes de Fortage. Et enfin, en 1914, deux volumes de Correspondance, préparés par Raymond Céleste, achevés par François Gébelin avec l’aide d’André Morize : six cent soixante-dix-huit lettres, soit quatre fois plus que dans l’édition Laboulaye.

En marge de ces monuments d’érudition Paul Bonnefon publiait en 1910 dans la Revue d’histoire littéraire de la France lesConsidérations sur les richesses de l’Espagne. À la veille de la Grande Guerre une nouvelle édition des Œuvres aurait donc dû s’imposer. Mais les esprits étaient occupés ailleurs et devaient le rester longtemps. L’entre-deux guerres, marqué de travaux importants comme la grande thèse d’Élie Carcassonne et son édition des Lettres persanes (1929), est dans l’histoire jusqu’alors continue de l’édition des Œuvres une longue parenthèse. La période faillit même s’achever de façon désastreuse avec la vente aux enchères, à l’Hôtel Drouot, des manuscrits de La Brède, en février 1939. Mais outre que cette vente permit à la Bibliothèque nationale d’acquérir le manuscrit de L’Esprit des lois, et à la Ville de Bordeaux d’acheter pour sa propre bibliothèque ceux des Pensées, de la Correspondance et du Spicilège, elle a eu l’avantage d’attirer l’attention sur le troisième recueil, encore inédit. D’où sa publication – non intégrale – en 1944 par André Masson. Bientôt le centenaire de L’Esprit des lois allait être suivi de deux entreprises éditoriales d’esprit très différent, mais également utiles. En 1949 et 1951 Roger Caillois met à la disposition du public cultivé, dans la prestigieuse « Bibliothèque de la Pléiade », en deux volumes, la totalité des textes connus, à l’exception malheureusement de la Correspondance. Parallèlement André Masson, qui venait de quitter la bibliothèque municipale de Bordeaux pour l’Inspection générale des bibliothèques, avait rassemblé autour de lui une petite équipe d’érudits qui devait donner, chez un éditeur bordelais et sous le patronage de la Ville, une autre édition d’Œuvres complètes. Ce projet n’ayant pas abouti, il le reprenait sous une autre forme et donnait successivement, chez Nagel, trois volumes en 1950, 1953 et 1955. Édition très riche, mais composite. Le premier volume est la reproduction photographique, sans aucun apparat critique, des trois tomes d’Œuvres de 1758. Le second comprend, après une introduction d’André Masson et une étude pionnière de Robert Shackleton sur les secrétaires de Montesquieu, les Pensées, éditées pour la première fois dans l’ordre du manuscrit, par Louis Desgraves, le Spicilège, publié par Masson avec l’aide d’André Nouat pour les cent trente-six pages du manuscrit copiées sur le recueil du père Desmolets et dont l’édition de 1944 avait seulement donné quelques extraits, quelques dizaines de pages des Geographica, édités par Françoise Weil, et les Voyages revus par Masson sur le manuscrit acquis en 1939 par Robert Schuman : notons que ni pour le Spicilège ni pour les Geographica nous n’avons là un texte exhaustif, les éditeurs ayant choisi de supprimer certaines notes de lecture ou d’en réduire d’autres à un bref sommaire. Au troisième volume on trouve d’abord les Œuvres diverses, éditées par Xavier Védère et qui ajoutent aux textes déjà connus plusieurs pièces parmi lesquelles seize résomptions, ou résumés, de dissertations d’auteurs divers adressées à l’académie de Bordeaux, un Essai sur les lois naturelles et la distinction du juste et de l’injuste (dont l’attribution à Montesquieu est controversée : voir notre tome IX) et une suite d’Arsace et Isménie. Viennent ensuite, après une analyse et des extraits du manuscrit de L’Esprit des lois, par Shackleton, desRejets du même ouvrage conservés à La Brède, considérés comme perdus depuis leur publication par Barckhausen, et reproduits d’après cette édition de 1904 (Montesquieu, L’Esprit des lois et les archives de La Brède), des notes préparatoires à la Défense, les Réponses aux censures de la Sorbonne avec des variantes inédites, un Fragment d’un cahier de correction de L’Esprit des lois. Puis une série, avec variantes, de cinq Lettres persanes rejetées, dont Barckhausen avait donné le texte en 1900, dans son édition critique du roman, des Extraits de lecture annotés, inédits jusqu’alors, et la Correspondance, portée à sept cent cinquante-huit lettres. Enfin, en Appendices, en plus du Mémoire de ma vie déjà publié en 1914 par Gébelin avec la Correspondance, un « état de mes affaires » rédigé par Montesquieu en 1725 et la Requête au Roi présentée par lui en 1749 au nom de l’académie de Bordeaux alors en conflit avec l’intendant Tourny, le testament autographe du 26 novembre 1750 et l’inventaire des manuscrits qui se trouvaient à La Brède en 1818, dont la plus grande partie n’ont pas été retrouvés : belle source de méditation pour tout éditeur des Œuvres !

Histoire éditoriale

Depuis le milieu du XVIIIe siècle ces éditeurs n’ont pas manqué à la tâche : de l’édition canonique de 1758 à « L’intégrale » de 1964 on compte peut-être une centaine de publications d’Œuvres ou Œuvres complètes, sans compter les reprises isolées d’ouvrages particuliers, sans compter non plus les Œuvres posthumes, ni les Œuvres choisies 4 . Cet engouement n’est pas seulement français, mais européen : les Œuvres sont publiées, dans leur langue d’origine, à Amsterdam, Bâle, Copenhague, Deux-Ponts, Genève, Lausanne, Leipzig, Sarrebruck ; on lit tout ou partie de Montesquieu en anglais, également en allemand, en italien, en polonais, en russe, en slovaque. En France la demande du public ou les initiatives des éditeurs se répartissent cependant de façon très inégales selon les périodes. Au milieu du XVIIIe siècle, comme l’a montré Françoise Weil 5 , la fortune éditoriale de Montesquieu bénéficie de la concurrence qui oppose les libraires lyonnais à leurs confrères parisiens. Pour l’ensemble du siècle nous avons pu recenser dans les bibliothèques publiques plus de cinquante collections d’Œuvres, Œuvres complètes, Œuvres posthumes (voir plus bas : Liste des éditions d’Œuvres complètes de Montesquieu du XVIIIe au XXIe siècle), alors qu’en 1947 l’excellente bibliographie de David C. Cabeen 6 en mentionnait cinq… S’il n’est pas facile de distinguer dans cet ensemble les éditions vraiment neuves des simples reprises, avouées ou camouflées, et si deux tiers seulement du total relèvent apparemment du premier groupe, ce total est en lui-même digne de remarque : à peu près une collection par an, en moyenne, avant 1800. Encore faut-il noter l’éclipse des années 1793 et 1794, par contraste avec la période faste de la Convention thermidorienne et du Directoire – pas moins de neuf éditions de 1795 à 1799, dont celle de La Roche, chez Didot l’Aîné en l’an III, et celle de Plassan et ses associés en l’an IV. On devine déjà que la conjoncture politique n’est pas étrangère au plus ou moins vif besoin de Montesquieu. On remarque de même que si le philosophe se méfiait du césarisme, celui-ci ne lui a pas manifesté, en retour, une moindre antipathie. Sous le Consulat, en 1802-1803, l’édition stéréotype – huit petits volumes à bon marché – que lance Didot ne rassemble que les trois ouvrages majeurs ; elle réapparaît, il est vrai, en 1807, complétée de deux volumes d’Œuvres mêlées, mais – à l’exception de deux éditions données l’une à Paris, l’autre à Lyon en 1805 – ce sera tout jusqu’à la Restauration : le Premier Empire n’aime pas Montesquieu. La Monarchie restaurée lui est globalement beaucoup plus favorable : vingt éditions ou réimpressions entre 1816 et 1830, c’est plus que le rythme du XVIIIe siècle retrouvé. Ce rythme se ralentit cependant sous la Monarchie de Juillet – sept éditions en dix-huit ans –, s’accélère un peu sous le Second Empire – treize en près de vingt ans, sans toutefois aucune innovation notable – mais s’essouffle sous la Troisième République où l’apport de l’édition Laboulaye et celui des bibliophiles de Guyenne contraste avec le petit nombre des éditions plus courantes, une demi-douzaine de réimpressions. L’édition de « La Renaissance du livre » (1910), réduite elle aussi aux trois textes majeurs, ou l’édition J. M. Dent et J. Gillequin de 1911, elle aussi partielle, ne seront suivies d’aucune autre avant celle de Roger Caillois en 1949. Presque aussitôt après cette dernière, peu novatrice, mais pratique et qui rend Montesquieu au grand public cultivé, voici les trois volumes de l’édition Masson, aboutissement tardif d’un projet conçu en 1939 et qui voulait satisfaire « à la fois le bibliophile et l’érudit » 7 . Et en 1964, le Seuil, avec Daniel Oster, donne à un public élargi, mais sans apporter d’éléments nouveaux, sans reproduire la correspondance et en conservant pour les Pensées l’ancienne numérotation alors que la Pléiade donnait les deux, « L’Intégrale » de Montesquieu.

Il semble ressortir de ces brefs rappels que celui-ci n’a pas toujours eu à répondre, depuis deux siècles et demi, aux mêmes besoins. Son œuvre est un produit culturel, et à ce titre, pour les générations successives, un objet d’étude, mais aussi un guide vivant dont on attend, quitte à les discuter, leçons et modèles. Cette seconde fonction paraît même avoir été prédominante jusqu’à la Première Guerre mondiale. Au XVIIIe siècle on lit Montesquieu au premier degré, cherchant dans ses écrits, selon les mots de D’Alembert, le Philosophe et le citoyen ; mais comme l’esprit du temps ne favorise ni le principe d’autorité ni l’admiration aveugle, comme le Président ne se laisse du reste pas facilement enrôler de façon unilatérale dans les combats de l’époque, ses éditeurs se préoccupent souvent de donner au lecteur les moyens d’une approche critique : de là vient l’habitude de publier avec le texte les notes de contradicteurs, illustres ou obscurs, qui s’appellent Luzac, Crevier, mais aussi Voltaire et Helvétius, en attendant Condorcet et Destutt de Tracy. En deux périodes Montesquieu est même sollicité d’apporter des réponses concrètes aux incertitudes politiques du moment. D’abord au lendemain de Thermidor, quand se pose le problème d’une nouvelle constitution « au sortir du gouffre de malheur », comme l’écrit pour Didot le disciple d’Helvétius qu’est La Roche ; ou encore, en l’an IV, selon le vœu de Plassan qui appelle les bons esprits à se rassembler, après la tempête, autour de Montesquieu 8 . Celui-ci était cependant un peu trop notoirement monarchiste pour aider à refonder la République. La difficulté disparaît avec la Restauration : la monarchie revenue, Montesquieu est une référence commode, sinon obligée, pour tous ceux qui la souhaitent mesurée, libérale, également éloignée des excès de la réaction ultra et du « fanatisme » révolutionnaire. En 1816 la dédicace de l’édition Lefèvre au baron Pasquier, président de la Chambre des représentants, ancien et futur garde des Sceaux, qui deviendra duc et chancelier de France sous Louis-Philippe, rapproche l’auteur de L’Esprit des lois d’un autre Pasquier, l’éminent juriste du XVIe siècle, fidèle compagnon des rois Henri III et Henri IV : Montesquieu, dans un siècle de doutes et de téméraires discussions, fut l’apologiste zélé du gouvernement monarchique ; Pasquier, dans un siècle de dissensions et de fanatisme, fut un des plus ardents défenseurs de l’autorité royale.

L’année suivante, la notice placée en tête de l’édition Belin par l’académicien Louis Simon Auger – notice reprise en 1822 et 1823 par l’édition Garnery – croit cependant devoir défendre Montesquieu d’avoir trop accordé au prince : à la lumière de l’expérience, peut-on vraiment lui faire grief de s’être méfié du gouvernement populaire ? Il faut au contraire suivre Villemain, lauréat du prix d’éloquence de l’Académie française en août 1816 pour son Éloge de Montesquieu, admirer avec l’auteur un livre « qui fut le premier dépôt de tant d’idées généreuses qui ont résisté à tant de crimes commis en leur nom » 9 et créditer le baron de La Brède d’avoir « préparé le système représentatif », c’est-à-dire un système « qui ne devait trouver obstacle que dans la tyrannie militaire, et qui triomphera si la civilisation ne périt pas » ; or « elle ne peut pas périr » 10 . Après cela on ne s’étonnera pas de ce que dans l’édition Lequien de 1819 le traditionnel Éloge de Montesquieu par D’Alembert soit précédé sur le même thème du texte plus actuel du libéral Villemain lui-même, plus tard ministre de l’Instruction publique sous la Monarchie de Juillet, alors professeur à la Sorbonne, partisan de la monarchie selon la Charte et adversaire de toujours du « despotisme militaire ». Cet Éloge se retrouve en 1822, et de nouveau en 1826, dans l’édition Dalibon, à côté du texte de D’Alembert, et en 1822 après un Essai sur la vie et les ouvrages de Montesquieu par Georges Depping : également opposé au despotisme ministériel et à l’anarchie, mais nullement conservateur, explique celui-ci, Montesquieu offrait à « cet antique édifice » de la monarchie française une chance qu’elle n’a malheureusement pas su saisir, se réformer pour n’être pas détruite 11 . Au lendemain de l’avènement de Charles X – le rappel n’est peut-être pas sans intérêt – l’édition Dalibon de 1826, particulièrement riche en notes d’auteurs divers, ne reprend pas l’Essai de Depping, mais s’orne d’un « Avant-propos » qui déclare fièrement : « Aujourd’hui tout le monde a besoin de le lire et peut le comprendre [...] il a fait notre éducation politique 12 . » Tonalité voisine, mais avec un accent anticlérical plus marqué, en 1823 dans l’édition Duprat-Duverger et Collin de Plancy, en un unique volume de xxxii et 836 pages imprimées sur deux colonnes, avec une table alphabétique établie par Depping : on y lit une défense de Montesquieu contre les critiques souvent injustes de Voltaire et d’Helvétius, avec une invitation à honorer sans réserve, comme on le fait en Angleterre, « le grand homme dont la voix puissante fait renaître de jour en jour la liberté et la justice dans les gouvernements » 13 . Une autre édition « compacte », donnée en 1827 par le libraire Louis de Bure, « éditeur des classiques français, ou bibliothèque de l’amateur » – xiv et 894 pages sur deux colonnes – justifie ainsi la présentation choisie :

Indépendamment de l’empressement avec lequel le public recherche ses immortels ouvrages, surtout depuis que notre patrie possède des institutions constitutionnelles, et que la direction des esprits s’est portée vers les sciences morales et politiques ; c’est principalement pour des écrits aussi étendus, aussi importants que l’Esprit des lois, que les éditions compactes offrent le plus d’avantage 14 .

Ce choix éditorial reste cependant minoritaire. L’édition Lefèvre de 1826 qui venait de faire entrer Montesquieu, sous la conduite de Louis Parrelle, dans la Collection des classiques français était en huit volumes. Mais si elle s’annonçait pourvue des notes « de tous les commentateurs », elle excluait explicitement du nombre Destutt de Tracy, jugé injuste et peu pertinent 15 . C’était aussi une façon de se distinguer d’une de ses concurrentes, l’édition Dalibon où le nom de Walckenaer, préfet érudit, un des fondateurs en 1821 de la Société de géographie, était lié pour la première fois, semble-t-il, à celui de Montesquieu. Destutt de Tracy réapparaît cependant dans l’édition Henri Féret de 1827, en huit volumes également, et il voisine avec Villemain, D’Alembert, Helvétius, Voltaire, Condorcet, Bertolini dans l’édition R. Leroux de 1828 : sous Charles X il importe visiblement d’aider le lecteur à retenir de Montesquieu le meilleur, c’est-à-dire le plus moderne, et de le mettre en garde contre les préjugés dont le grand homme ne s’était pas libéré.

Après cette floraison la révolution de 1830 suscite une éclipse de quelques années. Il faut attendre 1834 pour que l’élan reprenne. Mais cette année-là voit sortir des presses coup sur coup, deux Montesquieu « complets » : celui que Jules Ravenel donne en un volume chez de Bure, éditeur décidément attaché aux éditions « compactes », et celui de Léon Thiessé, chez Pourrat (six tomes en trois volumes), qui a la particularité de voir ses textes présentés dans l’ordre chronologique. Car s’il s’agit, explique l’« Avertissement » initial, d’« ouvrages essentiellement instructifs, et pour ainsi dire pratiques », et le lecteur de Montesquieu doit être d’autant plus en mesure de suivre « la marche de son esprit ». Sans doute les Lettres persanes sont-elles « la satire politique la plus ingénieuse et la plus hardie que nous connaissions ». Sans doute doit-on constater que les Romains et les Lois « n’ont point cessé d’être les guides indispensables de l’homme d’État ». Mais il n’est pas inutile de découvrir aussi que l’auteur, « homme à part qui restera sans rivaux, comme il fut sans modèle », s’est montré plus prudent à la fin de sa vie que dans ses débuts : belle leçon de sagesse de l’âge mûr donnée par l’intermédiaire d’un préfet de Louis-Philippe à une jeunesse souvent impatiente, parfois irrespectueuse ! Le ton de l’édition Lefèvre de 1835, cette fois à son tour en un seul volume et qui associe autour de l’auteur Parrelle et Walckenaer, est moins circonspect dans le panégyrique. Dans sa « Notice sur la vie de Montesquieu » le second relève chez l’écrivain, à côté de « plusieurs des belles qualités de Tacite [...] quelques-uns des brillants défauts de Sénèque » ; mais il regrette surtout que le penseur politique soit plus apprécié en Angleterre que dans une France qui hésite toujours entre deux extrêmes, la souveraineté du peuple et le despotisme… Parrelle n’en venait pas moins de justifier son entreprise par un constat plus optimiste : « Les idées d’ordre, de justice et de civilisation, se réveillent au nom de Montesquieu, nom invoqué depuis près d’un siècle dans toutes les discussions qui intéressent les rois, les peuples et l’humanité 16 . » Cette édition était appelée à traverser la Monarchie de Juillet et le Second Empire, jusqu’aux débuts de la IIIe République : chez Lefèvre en 1837, 1839, 1846, 1857, puis chez Didot en 1837, 1838, 1846, 1853, 1854, 1857, 1862, 1866, 1870, 1877. D’une longévité encore plus notable, l’édition Lahure (Hachette) de 1855, tantôt en deux, tantôt en trois volumes quasiment de poche, atteindra 1914 après avoir ressurgi quinze fois en trois quarts de siècle. Le besoin d’un Montesquieu facile à manier n’exclut cependant pas l’esprit critique. Loué pour sa « justice » et sa « droiture », Montesquieu n’est-il pas resté trop prudent, trop prisonnier du passé ? On peut regretter qu’il n’ait pas plus nettement choisi le modèle anglais, et qu’il n’ait pas enrichi L’Esprit des lois d’un chapitre sur « le véritable gouvernement » ! Pourtant les trois petits volumes de l’édition Hachette de 1873-1874, repris cinq fois avant 1914, incitent à aller au-delà de cette première impression de grande réserve : « Il faut l’interpréter un peu pour arriver à affirmer que sa conclusion est en faveur d’un gouvernement constitutionnel analogue à celui dont on jouissait dès lors en Angleterre 17 . » Dans cette période le baron de La Brède est décidément annexé par le libéralisme politique moderne ; l’annexion venait en effet d’être consacrée par les sept volumes de la belle édition Laboulaye, publiés chez Garnier de 1875 à 1879 et où l’on peut lire notamment : « Abandonné et maudit dans les mauvais jours, il reparaît aussitôt que la France reprend goût à la liberté. On relit alors et on aime celui qui a fait de la modération la vertu du législateur 18 . » En 1875, année discrètement fondatrice de la IIIe République, ce double appel à la modération et à la liberté avait un sens fort, et il n’est certes pas indifférent de noter qu’il émanait de l’homme qui, peu d’années après, prendrait l’initiative de la grande souscription nationale destinée à financer le don aux États-Unis de la statue de la Liberté 19 .

La République libérale a-t-elle été ingrate ? Après Laboulaye il devait y avoir, certes, les bibliophiles de Guyenne dont on a rappelé ce qu’ils ont apporté à la connaissance de Montesquieu. Mais le besoin de celui-ci n’exige plus d’édition collective – exception faite de l’édition très partielle de la « Renaissance du Livre » en 1910, limitée, on l’a dit, aux trois ouvrages majeurs. Au plan éditorial ce serait le grand vide sans les efforts efficaces et, à terme, si féconds de quelques-uns pour faire entrer, à Paris ou à Bordeaux, dans des fonds publics les manuscrits retrouvés, et sans quelques solides travaux spécialisés auxquels nous devons, par exemple, l’exhumation d’inédits déjà mentionnés (Richesses de l’Espagne en 1910, Spicilège en 1944), ou les éditions critiques des Lettres persanes données par Henri Barckhausen (1897), puis Élie Carcassonne (1929). Mais c’est seulement en 1939 que commence à prendre corps le projet de ce qui sera l’édition Masson de 1950-1955. On ne pouvait s’attendre à ce que la période qui s’ouvrait, avec la guerre, l’Occupation, les difficultés matérielles, l’idéologie vichyste, fût très favorable à de grands projets Montesquieu. Par un contraste plein de sens, les vingt années qui suivront la Libération lui seront beaucoup plus propices : pas moins de trois éditions « complètes », de celle du critique Roger Caillois dans la « Bibliothèque de la Pléiade » en 1949-1951 à celle de Daniel Oster au Seuil en 1964, en passant par l’édition Masson. Retardée par la guerre, relativement coûteuse, celle-ci souffre un peu de la double finalité qu’elle s’assignait, voulant satisfaire à la fois – comme on l’a vu – l’esprit de collection du bibliophile et l’esprit d’érudition. Inférieure en nouveauté à ce monument de savoir, l’édition Caillois doit à la personnalité de l’éditeur, dans les limites qui étaient alors celles de la collection, des ambitions originales : non seulement viser un public plus vaste auquel révéler les textes des bibliophiles de Guyenne, encore confidentiels ; mais mettre en valeur l’unité organique d’une œuvre particulièrement diverse, montrer que l’œuvre était à l’image du monde, multiple et un, tel que l’auteur le voyait, et que la « révolution sociologique » qu’il opérait ainsi était inséparable d’une certaine idée de la justice et de la dignité humaine. Au sortir d’années d’horreurs et de fanatisme, l’édition Caillois venait à son heure pour demander à Montesquieu une leçon de respect de l’autre et de tolérance : non une politique, mais une philosophie morale pour guider la politique. Pas un mot, dans la préface de l’éditeur, sur l’organisation et l’équilibre des pouvoirs : serait-ce là, selon Caillois, une des « revendications » de Montesquieu qui se sont usées tellement elles sont « passées dans les mœurs », un des points par lesquels « l’œuvre pâtit aujourd’hui de sa propre réussite » ? Ce ne sera manifestement plus le cas vingt ans plus tard pour Daniel Oster, et il est symptomatique qu’en 1964, deux ans après que la réforme du mode de l’élection présidentielle eut modifié l’équilibre de la Ve République, l’édition de « L’Intégrale », appelée à une diffusion encore plus large que celle de la Pléiade, soit introduite par un spécialiste du droit constitutionnel, Georges Vedel, l’un des pères de la constitution de 1958, lui-même longtemps engagé dans la recherche d’une voie moyenne entre les excès du parlementarisme et les risques du pouvoir personnel.

Ce que montre du moins ce trop bref survol historique, c’est que l’œuvre de Montesquieu a continué de vivre, deux siècles et plus après sa propre mort, et que de génération en génération, elle s’est adaptée à des conjonctures idéologiques et politiques très différentes, affirmant ainsi par sa seule existence sa pérennité. Ce que l’on constate pour la France n’est pas moins vrai en dehors de nos frontières. L’édition anglaise de 1777 20 est sans doute à rapprocher de la crise politique suscitée en Grande-Bretagne par la sécession des colonies d’Amérique et une résurgence de la dissidence irlandaise : dès février l’habeas corpus a été suspendu, malgré l’opposition whig qui dénonce, avec Burke et au nom de la constitution, la corruption du « court party » : d’où l’insertion au tome III, sur ce thème, des trois lettres apocryphes attribuées au « chevalier de Bruant ». L’édition de 1800 en trois volumes (London, Verner and Hood) reprend les mêmes textes supposés, dans un contexte de crise analogue. Ce n’est pas non plus sans motivation d’actualité que le libraire Michel Gröll entreprend de publier en 1777 à Leipzig et Dresde une traduction polonaise des Œuvres de Montesquieu (t. I et II, 1777 ; t. III, 1778) : cinq ans après le premier partage de la Pologne, le roi Stanislas-Auguste vient de charger une commission de préparer un nouveau code, et le traducteur, Mateusz Czarnek – jeune secrétaire du roi – veut contribuer, avec Montesquieu, à cette entreprise patriotique 21 . La motivation des Œuvres choisies publiées à Moscou, en russe, pour le bicentenaire de la mort de l’auteur, dans le climat de la guerre froide et sous l’égide du Conseil mondial de la paix, ne devait pas être moins limpide en 1955. Pourquoi en revanche un Montesquieu « complet » en allemand, à Vienne, en 1799 22 alors que l’Autriche est en guerre avec la France du Directoire, et que déjà se lève à l’horizon le soleil d’un nouveau César ? Peut-être l’intention, non explicite, est-elle d’opposer Montesquieu au nouvel expansionnisme français et au risque que celui-ci fait peser sur une constitution par trop fragile ? Même si la réponse est problématique, toute édition des Œuvres appelle ce type d’interrogation.

Qu’en est-il de la nôtre en ce XXIe siècle ? Peut-être les spécialistes réunis depuis 1988 pour la préparer assument-ils, sans l’avoir consciemment voulu, une mission qui déborde le pur domaine universitaire : après l’effondrement du système communiste et avec les inquiétudes nées d’une mondialisation sauvage, l’heure de Montesquieu, celle d’un regard apaisé, mais lucide et critique, sur les désordres du monde, n’a-t-elle pas de nouveau sonné ? En tout cas l’équipe a conscience d’être seulement un maillon de plus dans la grande chaîne qui a commencé à se forger en 1758. Elle voudrait aussi être certaine d’apporter au lecteur de ce siècle nouveau un Montesquieu encore plus complet, plus fidèle, plus accessible.

Un Montesquieu plus complet

L’ambition est si peu nouvelle qu’elle a, elle aussi, son histoire, et cela depuis la fin du XVIIIe siècle. Longtemps, les éditions collectives de Montesquieu se sont modestement présentées comme ses ŒUVRES, sans adjectif. C’est dans la traduction anglaise de 1777 qu’apparaît le mot complete, à côté de works, et il faut attendre 1784 pour en voir surgir l’équivalent en français. Dans les années suivantes la pratique éditoriale se montre hésitante. Jusqu’à la Restauration on persiste le plus souvent dans la modestie initiale : même l’édition Plassan, si riche en inédits, demeure fidèle à la tradition, alors que sa concurrente de l’an III, l’édition Pierre Didot l’Aîné, beaucoup moins innovante, venait pourtant de se proclamer « complète ». Après 1815 la proportion s’inverse, et les Œuvres complètes deviennent nettement majoritaires : il leur arrive même de se dire telles, comme les éditions Caillois et Oster, alors qu’elles le sont moins que leurs devancières, puisqu’excluant la correspondance… Mais si les contraintes commerciales pèsent évidemment sur les choix éditoriaux, et même si la notion d’œuvre se prête à des discussions aussi indéfinies que stimulantes 23 – dans quelle mesure une lettre privée, une note de lecture, un fragment à la finalité discutable appartiennent-ils de plein droit à l’« œuvre » d’un écrivain ? –, il est clair que depuis les années 1780, et encore plus de nos jours, le public averti attend d’une nouvelle édition qu’elle ne se borne pas à reprendre des textes maintes fois publiés. Peut-être restons-nous prisonniers, en ce début du xxie siècle, d’une sacralisation romantique de l’écrivain qui oblige à recueillir comme des reliques tout ce que sa main a produit. Peut-être en est-il aujourd’hui du spécialiste comme du bon peuple : celui-ci veut tout savoir des grands de ce monde ; celui-là, aussi friand de détails, recueille pieusement le moindre écrit. Aussi exigeante dans les deux cas, la curiosité, de toute évidence, n’est cependant pas de même nature. Ni l’érudit, ni son public ne sont des voyeurs : leur propos n’est pas de voir, ni de montrer, mais de comprendre et d’aider à comprendre. Donner au lecteur, autant qu’il est possible, les moyens d’entrer dans l’intimité intellectuelle de Montesquieu, de saisir la formation et le cheminement de sa pensée, le travail de son art ; prendre le risque de lui donner plus qu’il ne demande, plutôt que celui de rester en deçà de son attente ; et quand le mot œuvre peut sembler inadéquat à ce dont il s’agit, éviter aux lecteurs comme aux éditeurs un trouble de conscience en lui associant un terme plus neutre, ce que nous avons prévu pour les tomes VIII et IX de cette édition : Œuvres et écrits divers

L’exhaustivité est plus un horizon qu’un projet, mais un horizon qui attire et stimule. L’ambition d’être exhaustifs nous a conduits à éditer pour lui-même, avec Georges Benrekassa, le manuscrit de L’Esprit des lois, tant sont grandes les différences qui le distinguent du texte imprimé de 1748, publié, lui, sous la direction d’Alberto Postigliola 24  : son caractère tourmenté en fait un témoignage privilégié sur le travail de Montesquieu, travail de la pensée, travail de l’écriture, indissociables l’un de l’autre. Nous n’avons pas reculé devant un inédit massif, les centaines de pages des notes sur le droit romain et la jurisprudence française réunies dans les six cahiers de la Collectio juris, et nous remercions particulièrement la Voltaire Foundation de nous avoir accompagnés dans une entreprise commercialement ingrate, mais intellectuellement indispensable. Nous avons également choisi de publier, soit de façon autonome, soit comme élément du dossier d’un autre texte, en plus de l’intégralité des Geographica, la totalité des notes de lecture conservées précédemment à La Brède et désormais accessibles à la bibliothèque municipale de Bordeaux, depuis la dation qu’en a faite en 1993, madame de Chabannes, avec le riche contenu de la bibliothèque du château. À l’inventaire de la partie manuscrite de cet ensemble Louis Desgraves avait consacré ses dernières forces, fournissant aux chercheurs un outil de travail indispensable 25 . Grâce à Catherine Volpilhac-Auger une prépublication partielle de ce fonds – le manuscrit 2506 – a été possible dès 2001, avec l’aide de Claire Bustarret, dans les Cahiers Montesquieu (no7) : tous nos collaborateurs disposeront ainsi commodément de ce document, repris, bien entendu, dans notre édition des Œuvres complètes. Au total les vingt-deux volumes de celle-ci comprendront, par rapport à ses devancières, environ un tiers d’inédits.

Un Montesquieu plus fidèle

Notre édition est la première à se vouloir à la fois exhaustive et entièrement critique. À partir des manuscrits, quand ils existent encore (comment se consoler de ne pas posséder, par exemple, la version de L’Esprit des lois confiée par l’auteur à Pierre Mussard pour l’imprimeur Barrillot ?), à partir des éditions successives d’un même ouvrage, dès lors qu’elles apparaissent avoir été voulues ou autorisées par l’auteur, nous avons voulu dans chaque cas rendre immédiatement visible, page après page et selon les principes d’une saine philologie, l’histoire du texte. Il nous a fallu plusieurs années de réflexion et de débats pour établir les principes d’édition. On verra notamment comment nous avons cherché à concilier du mieux possible deux exigences divergentes : fidélité et lisibilité. Rejet de toute modernisation, respect de l’orthographe et de la ponctuation originelles, ces règles de fidélité – qui ne peuvent par ailleurs s’appliquer exactement de la même façon selon qu’il s’agit d’un imprimé ou d’un manuscrit – sont apparemment d’une simplicité élémentaire ; en fait leur application rigide aurait pu rendre notre édition plus d’une fois illisible et il nous a bien fallu nous résoudre, après de longs tâtonnements, à adopter un minimum de conventions. À cette difficulté s’est ajouté le problème de la mise en relation visuelle des éléments du texte et de son histoire : souvent simple pour l’imprimé, la mise en page se complique pour les manuscrits où ajouts et ratures se multiplient jusque dans les interlignes et les marges ; la fidélité à laquelle nous aspirions n’était pas diplomatique, et sous peine de produire un grimoire, il nous fallait bien établir entre ces éléments un ordre, si possible chronologique, une hiérarchie. Bref, nous avons dû reconnaître, et il est important d’en avertir nos lecteurs, que notre recherche de scientificité devait exclure toute illusion positiviste : transcrire est toujours de quelque façon traduire, et le transcripteur, s’il ressent les joies d’une compréhension plus intime, n’évite ni les risques ni l’arbitraire de l’analyse.

A fortiori cette réflexion s’applique à tout commentaire. Le nôtre relève en intention d’un parti pris ascétique : conçu pour le lecteur cultivé du XXIe siècle, il s’efforce d’éliminer tout ce qui aurait risqué de vieillir trop vite, non seulement les jugements de valeur, mais aussi les interprétations individuelles, souvent adossées à un savoir du jour qui ne sera pas forcément celui du lendemain. Le but d’une édition critique n’est pas de dicter au lecteur ce qu’il doit penser, mais de lui fournir les outils dont il a besoin pour penser par lui-même : faire penser, aimait-on à dire au XVIIIe siècle. Si vivante que demeure après plus de deux siècles et demi la pensée de Montesquieu, c’est évidemment en historiens qu’il convenait de l’aborder. Notre tâche était donc d’apporter à un lecteur dont la culture n’est plus ni ne sera plus celle des esprits éclairés de la première moitié du XVIIIe siècle les moyens de lire Montesquieu comme pouvaient le lire ses contemporains. Pas plus, mais pas moins, et c’est déjà beaucoup : nous l’avons vérifié, il faut souvent de longues recherches pour substituer au commentaire personnel, qui vient assez facilement à l’esprit des habitués, une sèche note de trois lignes.

Cette volonté d’érudition ascétique n’a certainement pas facilité une entreprise dont nous avions pressenti dès l’origine qu’elle ne serait pas facile. L’idée en est venue en juin 1987 au petit groupe réuni à Paris pour concevoir le numéro spécial que la revue Dix-huitième siècle avait décidé de consacrer à Montesquieu en 1989, donc pour le tricentenaire de sa naissance. Le projet s’est précisé au cours de l’année suivante, parallèlement à la mise en place des structures destinées à le porter et à le conduire : notre Société Montesquieu et les instances qui en émanent, commission de bibliographie, puis conseil scientifique, comité de direction, etc. Des équipes ont été formées pour la préparation des différents volumes. Les autorités publiques sollicitées, universitaires, scientifiques, administratives et politiques, ont généralement reconnu l’intérêt de notre entreprise ; grâce à elles, d’importants moyens financiers ont pu être réunis dans plusieurs pays. Car une édition de Montesquieu ne pouvait manquer d’être internationale. De fait, elle est principalement européenne, puisqu’on a vu se rejoindre au service de Montesquieu des ressortissants d’Allemagne, de France, de Grande-Bretagne et d’Italie. Les États-Unis et le Canada sont également représentés dans une équipe qui rassemble une quarantaine de chercheurs. Mais si le nombre et la qualité des intervenants ont été et demeurent une incontestable richesse, il en est aussi résulté une difficulté certaine : obtenir que tout le monde marchât sinon au même pas – que les mânes de Montesquieu se rassurent, notre troupe n’est pas un régiment ! – du moins à une allure compatible avec le calendrier établi en commun : combien de fois aura-t-il fallu et faudra-t-il sans doute encore revoir la prévision, se résigner à laisser s’envoler au vent du temps qui passe consignes et échéances ! Au moment où il écrit cette introduction le porte-parole de ses collègues doit bien constater que l’histoire de notre édition est encore loin de son terme.

C’est aussi que depuis quatorze ans nous avons eu de tristes occasions de mesurer notre fragilité. À peine avait-il eu le temps d’adhérer, chaleureusement, à notre projet, que Robert Shackleton disparaissait. Ont aussi disparu, plus récemment, deux des principaux acteurs de l’entreprise, Louis Desgraves et Salvatore Rotta. Plusieurs collègues ont dû renoncer à rester des nôtres à cause de leur état de santé. D’autres ont vu leur travail, et en même temps celui de l’équipe qu’ils s’étaient chargés d’animer, considérablement retardé par la maladie. Combien d’entre nous verront-ils le terme d’une entreprise aussi lourde qu’intellectuellement passionnante ? Pour sa part le signataire de ces lignes est à peu près certain de n’être pas du nombre. Qu’importe ? Deux des membres de l’équipe d’André Masson, Louis Desgraves et Françoise Weil, étaient parmi les partants de 1987. D’autres, plus jeunes, achèveront le travail et en transmettront l’esprit à ceux qui viendront après eux. Après cette « édition du XXIe siècle » viendront d’autre siècles, d’autres chercheurs, d’autres éditions : ainsi se déroule depuis 1758 la chaîne des temps. Nous sommes éphémères, Montesquieu est éternel. Peut-être notre équipe obtiendra-t-elle de la modeste précision des bibliographies – tels les commentateurs d’Homère dont se moquent joyeusement les Lettres persanes – une petite parcelle de cette éternité.

Jean Ehrard (2004)

Liste des éditions d’Œuvres complètes de Montesquieu du XVIIIe au XXIe siècle

La liste qui suit a été principalement établie par Cecil P. Courtney, à partir de ses recherches dans de nombreuses bibliothèques publiques, et complétée grâce à l’aide de correspondants que nous avons plaisir à nommer pour les remercier : Mmes ou MM. Bronislaw Baczko, Anthony S. Bliss, Andrew Brown, Henri Coulet, Christian Delmas, Louis Desgraves, Domenico Felice, Claudette Fortuny, Dianne M. Gutscher, Pauline Kra, Elizabeth Kreager, Hugo Kunoff, Sheila Mason, John Renwick, Pierre Rétat, Ewa Rzadkowska, Jacques Wagner, Tatiana Wagner.

La mention des bibliothèques qui conservent les éditions citées ne signifie évidemment pas qu’on ne puisse aussi trouver celles-ci ailleurs.

Il ne s’agit ici que d’éditions collectives.

Liste des abréviations utilisées (bibliothèques)

Åbo, AB  Akademis Bibliotek, Åbo
Berlin, SBB  Staatsbibliothek, Berlin
Bordeaux, BM  Bibliothèque municipale, Bordeaux
Boston, BPL  Boston Public Library
Cambridge, Christ’s  Christ’s College, Cambridge
Cambridge, FM  Fitzwilliam Museum, Cambridge
Cambridge, Trinity  Trinity College, Cambridge
Cambridge, UL  University Library, Cambridge
Charlottesville, ViU  University of Virginia Library, Charlottesville
Cologne, UB  Universitätsbibliothek, Cologne
Dublin, UCD  University College Library Dublin
Florence, BNC  Biblioteca nazionale centrale, Florence
Genève, BPU  Bibliothèque publique et universitaire, Genève
Göttingen, NSU  Niedersächsische Staats- und Universitätsbibliothek, Göttingen
Grenoble, BM  Biblothèque municipale, Grenoble
Halle, ULB  Universitäts- und Landesbibliothek, Halle
Harvard, MH  Harvard University Library, Cambridge, Mass
Helsinki, BU  Bibliothèque universitaire, Helsinki
Lausanne, BCU  Bibliothèque cantonale et universitaire, Lausanne
Lyon, BM  Bibliothèque municipale, Lyon
Munich, UB  Universitätsbibliothek, Munich
Naples, BN  Biblioteca Nazionale, Naples
New York, NYPL  New York Public Library
Oxford, Bod  Bodleian Library, Oxford
Oxford, Tay  Taylor Institution Library, Oxford
Paris, Arsenal  Bibliothèque de l’Arsenal, Paris
Paris, BI  Bibliothèque de l’Institut, Paris
Paris, Opéra  Bibliothèque-Musée nationale de l’Opéra, Paris
Paris, BnF  Bibliothèque nationale de France, Paris
Paris, Mazarine  Bibliothèque Mazarine, Paris
Paris, Sorb  Bibliothèque de la Sorbonne, Paris
Pise, BU  Biblioteca universitaria, Pise
Rome, BAV  Biblioteca Apostolica Vaticana, Rome
Stockholm, KB  Kungliga Biblioteket, Stockholm
Toronto, Fisher  Thomas Fisher Rare Book Library, University of Toronto
Uppsala, UB  Universititetsbiblioteket, Uppsala
Washington, DCL  Library of Congress, Washington
Wolfenbüttel, HAB  Herzog August Bibliothek, Wolfenbüttel
Yale, CtY  Yale University Library, New Haven, Connecticut

Éditions

1758:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu, nouvelle édition, revue, corrigée, & considérablement augmentée par l’auteur. A Amsterdam, & à Leipsick. Chez Arkstée & Merkus [Paris, Huart et Moreau]. M.DCC.LVIII. 3 vol. in-4˚. Deux cartes.

Comprend : De l’Esprit des loix, Défense de l’Esprit des loix, Éclaircissemens, Lysimaque, Lettres persanes, Considérations, Dialogue de Sylla et d’Eucrate, Le Temple de Gnide, Céphise et l’Amour, Vers recouvrés depuis l’édition faite : Chanson : « Amour, après mainte victoire ». Portrait [de Mme de Mirepoix], Essai sur le goût.

Dans certains exemplaires le t. III comporte un cahier supplémentaire (p. 641-648), contenant : « Additions à faire à l’édition in-quarto des Œuvres de M. de Montesquieu. Trois volumes, 1758 » (il s’agit d’additions à l’Éloge de Montesquieu par d’Alembert, et le texte du Remerciement sincère à un homme charitable).

Berlin, SB. – Bordeaux, BM. – Cambridge, FM. – Cambridge, King’s. – Cambridge, UL. – Harvard : MH. – Helsinki, UL. – Mainz, Martinus. – New York, NYPL. – Oxford, Bod. – Paris, Arsenal. – Paris, BI. - Paris, BnF. – Paris, BSG. – Pise. BU.

1758:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée par l’auteur. A Amsterdam et à Leipsick, Chez Arkstée & Merkus [Paris, Huart et Moreau], M.DCC.LVIII. 6 vol. in-12. Deux cartes.

Édition composé d’une nouvelle émission de volumes dépareillés imprimés entre 1754 et 1757. Pages de titre individuelles : t. I-IV : De l’Esprit des loix, Londres, 1757. – t. V : Lettres persanes, Cologne, Pierre Marteau, 1754. – t. VI : Considérations, Paris, Moreau, 1755.

Bordeaux, BM.

1759:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée par l’Auteur. Avec des Remarques Philosophiques & Politiques d’un Anonyme, qui n’ont point encore été publiées. A Amsterdam et A Leipzig, Chez Arkstée & Merkus. MDCCLIX. Avec Privilége de S.M. le Roi de Pologne Electeur de Saxe. 6 vol. in-12. Deux cartes.

Il existe deux états de la page de titre du t. I : avec et sans la mention «Avec Privilége de S. M. le Roi de Pologne Electeur de Saxe ». Cette mention ne se trouve pas sur les pages de titre des t. II-VI.

Bordeaux, BM. – Cambridge, King’s. – Cambridge, UL. – Genève, BPU. – Mainz, Martinus. – Naples, BN. – Oxford, Bod. – Rome, BAV. – Uppsala, UB.

1759:02 Œuvres de M. de Montesquieu. [A Copenhague et A Genève, Chez les Frères C. & A. Philibert, M DCC LIX]. 6 vol. in-8°.

Le titre de collection ne figure qu’au faux titre. Pages de titre individuelles, avec la même adresse : t. I-IV : De l’Esprit des loix, 1761. – t. V : Lettres persanes, 1761. – t. VI : Considérations, 1761.

Åbo, A.B – Bordeaux, BM. – Cambridge, King’s. – Genève, BPU. – Harvard, MH. – Leiden, UB. – Oxford, Bod. – Oxford, Tay. – Pise, BU.

1760:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée, et considérablement augmentée par l’auteur. Avec des Remarques Philosophiques & Politiques d’un Anonyme, qui n’ont point encore été publiées. A Amsterdam et A Leipzig, Chez Arkstée & Merkus, MDCCLX. Avec Privilége de S.M. le Roi de Pologne Electeur de Saxe. 6 vol. in-12. Deux cartes.

La mention «Avec Privilège… » est absente de la page de titre des t. II à VI.

Pages de titre individuelles, avec la même adresse : t. I-IV : De l’esprit des loix, 1763. – t. V : Lettres persanes, 1761. – t. VI : Considérations 1759 ou 1761.

Bordeaux, BM. – Göttingen, NSUB. – Rome, BAV. – Yale, CtY.

1761:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée par l’auteur. Avec des Remarques Philosophiques & Politiques d’un Anonyme, qui n’ont point encore été publiées. A Amsterdam , Et se débite à Lausanne. Chez François Grasset. M DCC LXI. 6 vol. in-12.

Pages de titre individuelles, avec la même adresse : t. V : Lettres persanes, 1760. – t. VI : Considérations, 1760.

Bordeaux, BM – Oxford, Bod. – Oxford, Tay (t. I – IV). – Paris, BnF. – Paris, Opéra. – Rome, BAV. – Toronto, Fisher.

1764:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée, et considérablement augmentée par l’auteur. Avec des Remarques Philosophiques & Politiques d’un Anonyme, qui n’ont point encore été publiées. A Amsterdam et A Leipzig, Chez Arkstée & Merkus. M.DCC.LXIV. Avec Privilége de S.M. le Roi de Pologne Electeur de Saxe. 6 vol. in-12. Deux cartes.

La mention « Avec Privilége de S.M. le Roi de Pologne, Electeur de Saxe » ne se trouve normalement que sur la page de titre du t. I. Pages de titre individuelles, avec la même adresse : t. I-IV : De l’Esprit des loix, 1763. – t. V : Lettres persanes, 1761, – t. VI : Considérations, 1761.

Berlin, SB. – Cambridge. UL (t. I-V). – Charlottesville, ViU (t. I – V). – Halle, UB : Dl 4352. – Londres, BL. – Oxford, Bod. – Paris, BnF. – Rome, BAV. – Yale, CtY.

1764:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée par l’Auteur. Avec des Remarques Philosophiques & Politiques d’un Anonyme, qui n’ont point encore été publiées. A Amsterdam et à Leipsick, Chez Arkstée et Merkus [Lyon, Bruyset]. M.DCC.LXIV. 6 vol. in-12. Deux cartes.

Bordeaux, BM (t. I). – Naples, BN. – Oxford, Bod. – Oxford, Tay. – Paris, Arsenal. – Washington, DCL.

1764 :03 [1764-1765] Œuvres de Monsieur de Montesquieu. [A Copenhague & à Genève, Chez Claude Philibert, 1764-1765]. 6 vol. in-8˚.

Le titre de collection ne figure qu’au faux titre. Pages de titre individuelles, avec la même adresse : t. I-IV : De l’Esprit des loix, 1764. La seconde partie du t. IV comporte aussi une page de titre : Opuscules de M. de Montesquieu, 1765. – t. V : Lettres persanes, 1765. – t. VI : Considérations, 1765.

Genève, BPU. – Oxford, Bod. – Paris, BnF. – Stockholm, KB. – Uppsala, UB.

1765:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée, et considérablement augmentée par l’Auteur. Avec des Remarques Philosophiques & Politiques d’un Anonyme, qui n’ont point encore été publiées. A Amsterdam et à Leipsick, Chez Arkstée & Merkus, M.DCC.LXV. 6 vol. in-12. Deux cartes.

Page de titre : « Leipsick » écrit « Leipsike », t. III et VI (exemplaire de Bordeaux) ; t. V (exemplaire de la Mazarine) ; « Leipsik » (exemplaire de ViU, t. III, IV, VI).

Bordeaux, BM (t. II, III, IV, VI). – Charlottesville, ViU. – Oxford, Bod. – Paris, Mazarine.

1767:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu, Nouvelle édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par l’auteur. A Londres, Chez Nourse [Paris, Huart]. M.DCC.LXVII. 3 vol. in-4˚. Deux cartes. Frontispice, t. I : « J. de Sève inv. del. 1766 ; Littret Sc. 1767 ».

Nouvelle édition du no 1758: 01, avec l’addition des Lettres familières.

Cambridge, UL. – Charlottesville, ViU. – Harvard, MH. – Londres, BL. – Mainz, Martinus. – Oxford, Bod. – Oxford, Tay. – Paris, Arsenal. – Paris, BI. – Paris, BnF – Toronto, Fisher. – Washington, DLC.

1767:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée par l’auteur. Amsterdam et Leipsick : Arkstée & Merkus, 1767. 6 vol. in-12. Deux cartes.

Pages de titre individuelles : t. I-IV : De l’esprit des lois, Londres, 1768.

Cambridge, UL (t. I-IV). – Charlottesville, ViU. – Harvard, MH. – Oxford, Bod.

1769 :01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle Édition, Revue, corrigée & considérablement augmentée par l’auteur. Avec des Remarques Philosophiques & Politiques d’un Anonyme, qui n’ont point encore été publiées. A Amsterdam et à Leipsick, Chez Arkstée et Merkus. M.DCC.LXIX. 7 vol. in-12. Deux cartes.

Pages de titre individuelles (celles des t. V et VI avec l’adresse d’Arkstée et Merkus) : t. I-IV : De l’Esprit des lois, [...], A Londres, 1768. – t. V : Lettres persanes, 1764. – t. VI : Considérations, 1764. – t. VII (sans page de titre générale) : Œuvres de Monsieur de Montesquieu […]. Tome septième, contenant ses Lettres familières. A Amsterdam et à Leipsick […], 1775.

Bordeaux, BM (t. I-IV). – Genève, BPU. – Oxford, Bod. – Paris, BI.

1769:02. Œuvres de Monsieur de Montesquieu. De l’Esprit des loix. Nouvelle édition Revue, corrigée, & considérablement augmentée par l’auteur. A Londres, Chez Nourse. M.DCC.LXIX. 7 vol. in-12. Deux cartes.

Boston, BPL. – Harvard, MH. – Oxford, Bod. – Oxford : Tay. – Paris, Arsenal. – Paris, BnF. – Paris, Sorb (t. I-IV). – Washington, DLC. – Yale, CtY (t. I-IV). – Uppsala, UB.

1771:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu, Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée par l’Auteur. A Genève, Chez Jean Samuel Cailler. M.DCC.LXXI. 7 vol. in-12.

Berne, BNS (t. III-V).

1771:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu, Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée par l’Auteur. Amsterdam et Leipsick : Arkstée et Merkus, 1771. 7 vol. in-12.

Amsterdam, UB.

1771:03 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée. A Amsterdam, et se débite à Lausanne. Chez François Grasset. M.DCC.LXXI. 6 vol. in-12.

Pages de titre individuelles, avec la même adresse : t. V : Lettres persanes, 1769. – t. VI : Considérations, 1770.

Harvard, MH (t. I-IV). – Lausanne, BCU. – Oxford, Tay :

1771:04 (Tome VII) Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée. Tome septième, contenant ses Lettres familières. A Amsterdam et à Leipsick, Chez Arkstée et Merkus. M.DCC.LXXI. in-12, pp. 295, [1]

Bordeaux, BM. – Oxford, Bod.

1772:01 Œuvres de Monsieur. de Montesquieu. Nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée par l’Auteur. A Londres, Chez Nourse. M.DCC.LXXII. [t. III daté M.DCC.LXXI]. 3 vol. in-8˚. Deux cartes. Frontispice (gravure), t. I.

Édition publiée à Liège par François Bassompierre, dont les initiales figurent sur la vignette de la page de titre.

Berlin, SBB. – Cambridge, Newnham. – Charlottesville, ViU. – Naples, BN (t. I-III). – Oxford, Bod. – Oxford, Tay. – Paris, BnF. – Uppsala, UB. – Washington, DLC.

1772:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle Édition, Revue, corrigée & considérablement augmenté A Amsterdam et à Leipzig, Chez Arkstée et Merkus. M.DCC.LXXII. 7 vol. in-12. Deux cartes.

Pages de titre individuelles, pour les t. V-VII avec la même adresse : t. I-IV : De l’Esprit des lois, Londres, 1772 ou 1777. – t. V : Lettres persanes, 1776 ou 1779. – t. VI : Considérations, 1776. – t. VII (sans page de titre générale) : Œuvres de Monsieur de Montesquieu. […] Tome septième, contenant ses Lettres familières. A Amsterdam et à Leipsick, Chez Arkstée et Merkus. 1771, 1775 ou 1779.

Bordeaux, BM. – Lausanne, BCU. – Naples, BN. – Oxford, Bod (t. I-VI). – Toronto, Fisher.

1773:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée et considérablement augmentée par l’Auteur. Avec des Remarques Philosophiques & Politiques d’un Anonyme, qui n’ont point encore été publiées. A Amsterdam et à Leipsick, Chez Arkstée & Merkus, M.DCC.LXXIII. 7 vol. in-12. Frontispice, t. I : portrait de Montesquieu en médaillon, d’après Dassier. Deux cartes.

Bordeaux, BM (t. I). – Cambridge, UL. – Dublin, UCD. – Harvard, MH (t. I-VI). – Uppsala, UB.

1775:01 (tome VII) Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée & considérablement augmentée. Tome septième, Contenant ses Lettres familieres. A Amsterdam et à Leipsick, Chez Arkstée et Merkus. M.DCC.LXXV. In-12, pp. 295.

Bordeaux, BM. – Lausanne, BCU – Oxford, Bod.

1777:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée & considérablement augmentée. A Amsterdam et à Leipzig, Chez Arkstée et Merkus. M.DCC.LXXVII. 7 vol. in-12. Deux cartes.

Pages de titre individuelles, avec la même adresse pour les t. V-VII : t. I-IV : De l’Esprit des lois […], A Londres, 1777. – t. V : Lettres persanes, 1776. – t. VI : Considérations, 1771. – t. VII (sans page de titre générale) : Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Tome septième, contenant ses Lettres familières. Amsterdam et Leipsick, chez Arkstée et Merkus, 1775.

Bordeaux, BM. – Boston, BPL. – Londres, BL. – Oxford, Tay.

1777:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. A Genève, M.DCC.LXXVII. 4 vol. in-12. Frontispice (portrait de Montesquieu en médaillon, « C.P. Marillier Del. 1781. N. De Launay Sculp. »).

Ne comprend que L’Esprit des lois.

Bordeaux, BM. – Florence, BNC. – Harvard. MH. – Paris, BnF. – Yale, CtY.

1779:01 (tome VII) Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle Édition, Revue, corrigée & considérablement augmentée. Tome septième, contenant ses Lettres familieres. A Amsterdam, Chez Arkstée et Merkus. M.DCC.LXXIX. In-12, pp. 295.

Oxford, Bod.

1781:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle Édition, Revue, corrigée & considérablement augmentée. A Amsterdam, M.DCC.LXXXI. 7 vol. in-12. Deux cartes.

Pages de titre individuelles : t. I-V datés 1781. – t. VI : Considérations, Amsterdam, Arkstée et Merkus, 1786. – t. VII (sans page de titre générale) : Œuvres de Monsieur de Montesquieu [...]. Tome septième, Contenant ses Lettres familieres, Amsterdam, Arkstée et Merkus, 1779.

Bordeaux, BM (t. I-IV, VI). – Lausanne, BCU. – Oxford, Tay.

1783:01 Œuvres posthumes de M. de Montesquieu. A Londres ; et se trouve à Paris chez De Bure fils aîné, Quai des Augustins. M.DCC.LXXXIII. In-12, pp. iv, 239, [3].

Comprend : Arsace et Isménie, Discours prononcé par M. le président de Montesquieu, à la rentrée du parlement de Bordeaux, le jour de la S. Martin 1725, Réflexions sur les causes du plaisir qu’excitent en nous les ouvrages de l’esprit & les productions des beaux arts, Ébauche de l’éloge historique du maréchal de Berwick.

Berlin, SBB. – Cambridge, King’s. – Cambridge, UL. – Göttingen, NSUB. – Londres, BL. – Harvard, MH. – Oxford, Bod. – Oxford, Tay. – Paris, Arsenal. – Paris, BI. – Paris, BnF. – Paris, Mazarine. – Stockholm, KB. – Yale, CtY.

1783:02 Œuvres posthumes de M. de Montesquieu. Seconde édition, revue, corrigée très exactement. A Londres ; et se trouve à Paris chez De Bure fils aîné, Quai des Augustins. M.DCC.LXXXIII. In-12, pp. iv, 239, [3].

Göttingen, NSUB. – Oxford, Bod. – Oxford, Tay. – Stockholm, KB.

1784:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée, & considérablement augmentée. Aux Deux-Ponts, Chez Sanson & Compagnie. M.DCC.LXXXIV. 8 vol. in-12.

Faux titre : t. I : Œuvres de Monsieur de Montesquieu ; t. II à III et VI. – t. IV : Œuvres complètes [sic] de M. de Montesquieu. – t. VII : Œuvres complètes de Monsieur de Montesquieu. Frontispice, t. I : portrait dessiné sur la médaille de Dassier : « Schmits Direx. Thelott sc. ».

Berlin, SBB. – Göttingen, NSUB. – Harvard, MH. – Oxford, Tay. (t. I-V, VII-VIII).

1784:02 Œuvres posthumes de M. de Montesquieu. Seconde édition, revue corrigée très exactement. A Londres ; et se trouve à Paris chez De Bure fils aîné, Quai des Augustins. M.DCC.LXXXIV. In-12, pp. iv, 239, [3]

Localisation inconnue.

1784:03 Œuvres posthumes de M. de Montesquieu. à Lausanne, Chez J. P. Heubach & Comp. M.DCC.LXXXIV. In-8, pp. 230.

Cambridge, UL. – Oxford, Bod. – Lausanne, BCU.

1785:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle Édition, Revue, corrigée & augmentée de plusieurs Pieces qui n’avoient pas paru jusqu’à présent. A Amsterdam, M.DCC.LXXXV. 7 vol. in-12.

Pages de titre individuelles : t. I-IV : De l’Esprit des loix, Amsterdam, 1784. – t. V : Lettres persanes, Amsterdam, 1785. – t. VI : Considérations, Amsterdam, 1781 ou 1785.

Bordeaux, BM (t. VI et VII). – Cambridge, UL. – Oxford, Bod. – Paris, BnF. – Paris, BSG (manquent t. I et V).

1785:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle Édition, Revue, corrigée & augmentée de plusieurs Pieces qui n’avoient pas paru jusqu’à présent. A Amsterdam. M.DCC.LXXXV. 7 vol. in-12.

Pages de titre individuelles : t. I-IV : De l’Esprit des loix, Amsterdam, 1788. – t. V : Lettres persanes, 1789. – t. VI : Considérations, 1788.

Lausanne, BCU. – Oxford, Bod. – Paris, Arsenal (t. I-VI).

1787:01 Œuvres, de Monsieur de Montesquieu. A Londres. M.DCC.LXXXVII. 4°vol. in-18. Frontispice, t. I : portrait de Montesquieu en médaillon.

Édition Cazin. Ne comprend que L’Esprit des lois.

Bordeaux, BM. – Cambridge, UL (t. I-II). – Charlottesville, ViU. – Naples. BN. – Oxford, Bod.

1788:01 Œuvres de Montesquieu. Nouvelle édition, Plus correcte et plus complette que toutes les précédentes. A Paris, Chez Jean-François Bastien, M.DCC.LXXXVIII. 5 vol. in-4°. Frontispice, t. I : portrait de Montesquieu par Gerardin. Deux cartes.

Oxford, Bod. – Oxford Tay (t. I-IV). – Paris, BnF. – Rome, BAV (t. I-V).

1788:02 Œuvres de Montesquieu. Nouvelle édition, Plus correcte et plus complette que toutes les précédentes. A Paris, Chez Jean-François Bastien, M.DCC.LXXXVIII. 5 vol. in-8°.

Émission in-8° du n° précedent.

Berlin, SBB. – Cambridge, UL. (t. I-IV). – Helsinki, UB. – Oxford, Bod. – Paris, BnF.

1788:04 [1788-1790] Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée et augmentée de plusieurs Pièces qui n’avoient pas paru jusqu’à présent. Amsterdam, M.DCC.LXXXVIII. 7 vol. in-12.

Pages de titre individuelles : t. I-IV, 1788 ; t. V, 1789 ; t. VI, 1788 ; t. VII (sans page de titre individuelle).

Uppsala, UB.

1788:04 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée & augmentée de plusieurs Pieces qui n’avoient point encore paru. A Amsterdam. M.DCC.LXXXVIII. 7 vol. in-12.

Bordeaux, BM. (t. VI-VII).

1790:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée & augmentée de pieces qui n’avoient point encore paru. A Amsterdam. M.DCC. XC. 7 vol. in-12. Frontispice, t. I : portrait de Montesquieu en médaillon.

Page de titre générale datée 1790 pour t. I-V ; 1788 pour t. VI-VI . Pages de titre individuelles : t. I-IV : De l’esprit des loix, Amsterdam.1788. – t. V : Lettres persanes, Amsterdam, 1789.

Grenoble, BM. – Uppsala, UB.

1790:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée & augmentée de pieces qui n’avoient point encore paru. A Amsterdam. M.DCC. XC. 7 vol. in-12. Frontispice, t. I : portrait de Montesquieu en médaillon « C.P. Marillier Del. 1781. N. De Launay Sculp. ».

Pages de titre générales datées 1790 pour t. I-V ; 1788 pour t. VI-VI . Pages de titre individuelles : t. I-IV : De l’Esprit des loix, 1788. – t. V : Lettres persanes, Amsterdam, 1789.

Bordeaux, BM (t. I-V). – Lausanne, BCU. – Paris, BI.

1790:03 [Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée & augmentée de Pieces qui n’avoient point encore paru jusqu’à présent. A Amsterdam. M.DCC. XC]. 7 vol. in-12.

Page de titre générale seulement pour t. VII (Amsterdam, 1790). Pages de titre individuelles : t. I-IV : De l’Esprit des lois, 1791. – t. VI : Considérations, 1792.

Paris, Mazarine.

1792:01 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle Édition, Revue, corrigée & augmentée de plusieurs Pieces qui n’avoient pas paru jusqu’à présent. A Lyon, Chez Bruyset Frères. 1792. 7 vol. in-12.

Pages de titre individuelles : t. I-IV : De l’Esprit des lois, 1791. – t. V : Lettres persanes, Amsterdam, 1791. – t. VI : Considérations, Amsterdam. 1788, ou s.l., 1792.

Bordeaux, BM. – Lausanne, BCU. – Lyon, BM. – Oxford, Bod. – Paris, BnF : – Rome, BAV.

1792:02 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, revue, corrigée, et considérablement augmentée. Deux-Ponts : Sanson & Compagnie, 1792. 8 vol. in-12.

Titre général : t. I et VIII seulement.

Bâle, UB. – Oxford, Bod. – Paris, BI.

1792:03 Œuvres de Monsieur de Montesquieu. Nouvelle édition, Revue, corrigée, & considérablement augmentée. A Saarebruck. Chez la Société Typographique. M.DCC.LXXXXII. 8 vol. in-12. Frontispice, t. I : Portrait de Montesquieu d’après Dassier : « Schmitz Direx. Dessiné sur la médaille de Dassier. Thelott Sc. »

Page de titre générale seulement pour les t. I et VIII ; le t. VII a un faux titre : Œuvres complètes de Monsieur de Montesquieu. Tome septième [...]. – t. VIII (page de titre générale) : Œuvres complètes de Monsieur de Montesquieu […].

Nouvelle émission de l’édition des Deux-Ponts, 1792.

Grenoble, BM. – Oxford, Bod. – Washington, DLC (manque le t. III). – Yale CtY.

1795:01 Œuvres complètes de Montesquieu, Nouvelle édition, avec des notes d’Helvétius sur l’Esprit des lois. A Paris, Chez Pierre Didot l’aîné, Imprimeur, rue Pavée-des-Arcs, n° 28. L’an IIIe de la République. 1795. 12 vol. in-18. Illustrations.

Illustrations : dix figures de J.-B. Regnault, gravées à l’eau-forte par Bertaux et terminées par Emmanuel de Ghendt, L.-B. Halbou, P.-C. Baquoy, J.-B. Patas, C.-L. Lingée et Nicolas Ponce ; deux figures de Le Barbier gravées par Courbe et Patas.

Göttingen, NSUB. – Harvard, MH. – Oxford, Bod. – Paris, BI (t. IX-X manquent). – Paris, BnF. – Pise, BU.

1796:01 Œuvres de Montesquieu. A Paris, Chez Plassan, Régent-Bernard, et Grégoire, De l’Imprimerie de Plassan. L’An IV. – 1796. 5 vol. in-4˚. Deux cartes.

Portrait (t. I, frontispice) par Chaudet, gravé par Alexandre Tardieu, 1796 ; treize figures par Chaudet, Moreau, Perrin, Peyrou et Vernet, gravées par Ghendt, Girardet, Langlois jeune, Lemire, Malapeau, Née, Patras et Pauquet. Sept exemplaires ont été tirés in-folio avec les eaux-fortes ; quelques exemplaires ont été imprimés sur grand papier vélin.

On connaît plusieurs états de la pages de titre : A Paris, Chez Plassan, Régent-Bernard, et Grégoire. – A Paris, Chez Plassan, Bernard, et Grégoire (t. III-V) – A Paris, Chez Plassan, et Grégoire (t. V). – A Paris, Chez Bernard, Libraire, quai des Augustins ; Grégoire, Libraire, rue du Coq-S. Honoré.

Additions aux éditions précédentes : Dissertation sur la politique des Romains dans la religion, lue à l’académie de Bordeaux le 18 juin 1716, Discours de réception à l’académie des sciences de Bordeaux, prononcé le premier mai 1716, Discours prononcé à la rentrée de l’académie de Bordeaux le 15 novembre 1717, Discours sur la cause de l’écho, prononcé le premier mai 1718, Discours sur l’usage des glandes rénales, prononcé le 25 août 1718, Projet d’une histoire physique de la terre ancienne et moderne, 1719, Discours sur la cause de la pesanteur des corps, prononcé le premier mai 1720, Discours sur la cause de la transparence des corps, prononcé le 25 août 1720, Observations sur l’histoire naturelle, lues le 20 novembre 1721, Discours sur les motifs qui doivent nous encourager aux sciences, prononcé le 15 novembre 1725, Discours contenant l’éloge du duc de La Force, prononcé le 25 août 1726, Pensées diverses, Lettres familières, Anecdotes, Des règles, chapitre qui termine l’Essai sur le goût, Poésies : « Portrait de Madame la duchesse de Mirepoix », « Adieux à Gênes », Chanson : « Nous n’avons pour philosophie », Chanson : « Amour, après mainte victoire », Madrigal : A deux sœurs qui lui demandaient une chanson, Épitaphe de Montesquieu, par Piron, Sonnet de M. le chevalier Adami, sénateur florentin, Sur la mort de Montesquieu, Invocation aux Muses, Analyse raisonnée de l’esprit des loix par Bertolini, Lettre de Montesquieu à l’abbé Bertolini, Table des ouvrages contenus dans ce volume.

Cambridge, UL. – Harvard, MH. – Helsinki, UB. – Londres, BL. – Oxford, BNC. – Oxford, Bod. – Oxford Tay. – Paris, BnF. – Paris. Mazarine. – Washington, DLC.

1796:02 Œuvres de Montesquieu. Nouvelle édition. A Paris, Chez Gueffier, Imprimeur-Libraire, rue Gît-le-Cœur, n° 16. Langlois, Libraire, quai de la Vallée, no. 45. An IV de la République Française [Imprimerie de Dondet-Dupré]. 5 vol. in-8°. Frontispice t. I : portrait de Montesquieu en médaillon : « Alié pinxit ; Gravé par Lebeau ».

Bordeaux, BM. – Harvard, MH. – Oxford, Bod. – Paris, BnF. – Utrecht, UB.

1796:03 Œuvres de Montesquieu. Nouvelle édition, Plus correcte et plus complette que toutes les précédentes. A Paris, de Imprimerie de J.-J. Smits et Cie. rue des Marais, F. G., N° 2. An IV. de la République. 5 vol. in-8°. Deux cartes. Frontispice, t. I (portrait de Montesquieu, cadre ovale) signé : « C.L. Lingée Sc. »

Harvard. MH (t. I) – Helsinki, UB. – Oxford, Bod. – Washington, DLC.

1796:04 [Faux titre :] Œuvres de Montesquieu. [Paris : Favre, B. Duchesne, An IV]. 12 vol. in-12.

Frontispices, non signés, t. I : portrait de Montesquieu, VII, VIII, IX, X.

Pages de titre individuelles, t. I-XII, avec l’adresse : A Paris, Chez Favre, Libraire ; rue de Savoie, N°. 19, et au Palais Égalité, Galeries de Bois, N°. 220. B. Duchesne, Imprimeur, rue des Fossés-Montmartre, N°. 42. An IV.

Åbo, AB. – New York, NYPL (t. I-XI).

1797:01 Œuvres de Montesquieu. Nouvelle édition, Plus correcte et plus complette que toutes les autres. A. Paris, Chez Gide, Place Sulpice. Et à Breslau, Chez Guillaume-Théophile Korn. L’an V de la République. 5 vol. in-8°.

Berlin, SBB. – Oxford, Bod.

1798:01 Œuvres posthumes de Montesquieu, Pour servir de supplément aux différentes éditions in-8° qui ont paru jusqu’à présent. A Paris, Chez Plassan, rue du Cimetière André-des-Arcs, n° 10 ; Bernard, quai des Augustins, n° 37 ; Grégoire, rue du Coq-Honoré, n° 135 bis. L’an VI. - 1798. In-8, pp. 336.

Rémpression des additions publiées dans le n° 1796:01.

Berlin, SBB. - Cambridge, Newnham. – Göttingen, NSUB. - Lausanne, BCU. - Londres, BL. – Mainz, Martinus.

1798:02 Œuvres posthumes de Montesquieu, Pour servir de supplément aux différentes éditions in-8o qui ont paru jusqu’à présent. A Paris, Chez Plassan, rue du Cimetière André-des-Arcs, n° 10 ; Bernard, quai des Augustins, n° 37 ; Grégoire, rue du Coq-Honoré, n° 135 bis. L’an VI. - 1798. In-12, pp. 414.

Réimpression des additions publiées dans le n° 1796:01.

Halle, UB.

1799:01 Oeuvres complètes de Montesquieu. Nouvelle édition Contenant toutes ses oeuvres posthumes et les notes d’Helvétius sur une partie de l’Esprit des lois. A Basle, chez J. Decker, Imprimeur-Libraire, 1799. 8 vol. in-8°.

Berne, BNS. – Bordeaux, BM. – Göttingen, NSUB. – Halle, UB. – Londres, BL. – Oxford, Bod. – Paris, BnF.

1802-1803:01 Œuvres de Montesquieu, édition stéréotype, Paris : Impr. de Pierre Didot l’aîné, et de Firmin Didot, 1802-1803. 8 vol. in-18.

1805:01 [Œuvres de Montesquieu], Lyon : Amable Leroy, 1805. 7 vol. in-16.

1805:02 Œuvres de Montesquieu, Paris : Billois, [Paris : Nyon, t. VI-VII], An XIII. 7 vol. in-16.

1807:01 [Œuvres de Montesquieu], édition stéréotype, Paris : Pierre Didot, 1807. 10 vol. in-12.

1816:01 Œuvres complettes de Montesquieu, précédées de la vie de cet auteur [par L. S. Auger], Paris : Lefèvre, Impr. de Crapelet, 1816. 6 vol. in-8°. Portrait, cartes.

1817:01 Œuvres de Montesquieu, Paris : A. Belin, 1817. 2 vol. in-8°.

1818:01 Œuvres complètes de Montesquieu, précédées de la vie de l’auteur [par L. S. Auger], Paris : Lefèvre, Impr. de Crapelet, 1818. 5 vol. 8°. Portrait, cartes.

Réimpression : 1820.

1819 :01 Œuvres de Montesquieu Nouvelle édition contenant l’Éloge de Montesquieu par M. Villemain et les notes d’Helvétius et de Condorcet, et le Commentaire de Voltaire sur l’Esprit des lois. Paris : E. A. Lequin, Impr. P. Didot l’aîné, 1819, 8 vol. in-8˚. Portrait.

1819:02 Œuvres complètes de Montesquieu, Paris : Ledoux et Tenré, 1819. 8 vol.

1821:01 [Montesquieu complet], Édition Touquet, Paris : l’éditeur, 1821. 5 vol. in-18.

1821:02 Œuvres de Montesquieu, Paris : impr. de A. Lanoe, 1821. In-18.

Ne contient que L’Esprit des lois.

1821-1822:01 Œuvres complètes de Montesquieu, Paris : Garnery, 1821-1822. 8 vol. in-24.

1822:01 Œuvres de Montesquieu, ses Éloges par d’Alembert et M. Villemain, les notes d’Helvétius, de Condorcet et de Voltaire, suivies du Commentaire sur l’Esprit des lois par M. le comte Destutt de Tracy, Paris : Dalibon, Impr. de Cellot, 1822. 8 vol. in-8˚. Fac-similé. Portrait par Devéria.

1823:01 Œuvres de Montesquieu ; avec les remarques des divers commentateurs, et des notes inédites. Seule édition complète [par Collin de Plancy], Paris : Duprat-Duverger Impr. de Fain, 1823. In-8˚, pp. xxxii, 836. Imprimé sur deux colonnes. Portrait.

1823:02 Œuvres complètes de Montesquieu. Paris : Garnery, 1823. 7 vol. in-8˚. Portrait, cartes.

1824:01 Œuvres complètes de Montesquieu, Paris, Veuve Dabo, 1824. 8 vol. in-8˚.

1825:01Œuvres de Montesquieu, avec les remarques des divers commentateurs, et des notes inédites. Seule édition complète, dirigée par M. Collin de Plancy, suivie des Tableaux analytiques de l’Esprit des lois, par M. Théodore Regnault, Paris : A. Bavoux, Impr. de Fain, 1825. In-8˚, pp. xxxii, 836. Portrait, illustrations.

Imprimé sur deux colonnes. Réimpression de l’édition de Duprat-Duverger de1823.

1826:01 Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des éditions originales et les notes de tous les commentateurs, recueillies et mises en ordre par M. Parelle, Paris : Lefèvre, F. Didot l’aîné, 1826. 8 vol. in-8˚. Portrait. (Collection des classiques français, t. 51-58).

1826-1827:01 Œuvres de Montesquieu, avec éloges, analyses, commentaires, remarques, notes, réfutations, imitations, par MM. Destutt de Tracy, Villemain, Wackenaer, membres de l’Institut, d’Alembert, Helvétius, Voltaire, Dupin, Échasseriau, Langlet, le cardinal de Boisgelin, Condorcet, Marmontel, Cartaud de La Villatte, Grosley, Filangieri, Beccaria, le comte de Saint-Roman, Mme Geoffrin, Léonard, Colardeau, Suard, Paris : Dalibon, Impr. de Marchand-Dubreuil, 1826-1827. 8 vol. in-8˚. Portrait par Dévéria.

1826-1827:02 Œuvres de Montesquieu, Paris : L. de Bure, Impr. de F. Didot, 1826-1827. 8 vol. in-32. Portrait. (Classiques français, ou Bibliothèque portative de l’amateur).

1827:01 Œuvres de Montesquieu avec éloges, analyses, commentaires, remarques, notes, réfutations, imitations ; par MM. Destutt de Tracy, Villemain, membres de l’Institut, d’Alembert, Helvétius, Voltaire, Condorcet et Bertolini, Paris : H. Féret, Impr. de Marchand Dubreuil, 1827. 8 vol. in-8˚. Portrait, fac-simile.

1827:02 Œuvres complètes de Montesquieu, précédée de son Éloge par d’Alembert, nouvelle édition, Paris : L. de Bure, Impr. de F. Didot, 1827. In-8˚, pp. xvi, 895, [1]. Portrait.

Imprimé sur deux colonnes.

1828:02 Œuvres de Montesquieu avec éloges, analyses, commentaires, remarques, notes, réfutations, imitations par Destutt de Tracy, Villemain, membres de l’Institut ; d’Alembert, Helvétius, Voltaire, Condorcet et Bertolini, Paris, R. Leroux, 1828. 8 vol. Portrait.

1829-1830:01 Œuvres. Paris : P. Hiard, 1829-1834. 10 vol. in-18.

1830:01 Œuvres de Montesquieu. Nouvelle édition, Paris : Lequien fils, 1830 (Collection des meilleurs ouvrages de la langue française).

1834:01 Œuvres complètes de Montesquieu, précédées de son Éloge, par d’Alembert, nouvelle édition, mise en ordre et collationnée sur les textes originaux, par J. Ravenel, Paris : Le Bure, Impr. de F. Didot, 1834. In-4°, pp. xvi, 779, [1]. Portrait.

1834:02 [Œuvres de Montesquieu, mises en ordre par L. Thiessé.] Paris : P. Pourrat frères, 1834. 6 vol. in-8°.

Réimpression : 1838.

1834:03 Œuvres. Paris : P. Lefèvre. In-8°.

Imprimé sur deux colonnes.

1835:01 Œuvres complètes de Montesquieu, avec des notes de Dupin, Crevier, Voltaire, Mably, Servan, La Harpe, etc., etc. [publié psr L. Parelle], Paris : Lefèvre, Impr. d’Everat, 1835. In-4°, pp. xxii, 771, [1]. Portrait.

Réimpressions : 1837, 1846.

1838:01 Œuvres de Montesquieu, Paris : Firmin-Didot frères, 1838. in-8°, pp. xxiv, 770. (Panthéon littéraire).

Réimpressions : 1848, 1853, 1854, 1857, 1866, 1870, 1877, 1883.

1839:01 Œuvres complètes de Montesquieu, avec les notes de tous les commentateurs [publié par L. Parelle]. Paris : Lefèvre, 1839. 2 vol. in-12.

1855:01 Œuvres complètes de Montesquieu, édition de Ch. Lahure. Paris : L. Hachette, 1856. 3 vol. in-18.

Réimpressions : 1865, 1866, 1870-1871, 1873-1875, 1880-1881, 1883, 1892, 1897-1897, 1901-1903, 1905-1908, 1908-1914.

1856:01 Œuvres complètes de Montesquieu, Paris : Édition de Ch. Lahure ; L. Hachette, 1856. 2 vol. in-18.

Réimpressions : 1858, 1859, 1862.

1874-1876:01 Œuvres complètes de Montesquieu ; Paris L. Hachette, Coulommiers : Impr. de Muson, 1874. 3 vol. in-16 (Œuvres des principaux écrivains français).

Réimpressions [Coulommiers : Impr. Mouson, ou Mouson et Brodard] : 1881, 1890 1893, 1897, 1912.

1875-1879:01 Œuvres complètes de Montesquieu, avec les variantes des premières éditions, un choix des meilleurs commentaires et des notes nouvelles, par Édouard Laboulaye, Paris : Garnier frères, Impr. de Claye, 1875-1879. 7 vol. in-8˚. Portrait, cartes. (Chefs-d’œuvre de la littérature française. 40-45, 49)

1910:01 Œuvres de Montesquieu, Paris : La Renaissance du Livre, [1910]. 2 vol. (Tous les chefs-d’œuvre de la littérature française).

1911:01 Œuvres de Montesquieu, Londres : J. M. Dent ; Paris : J. Gillequin, [1911]. 2 vol.

1949-1951:01 Montesquieu, Œuvres complètes, texte présenté et annoté par Roger Caillois, Paris : Gallimard, 1949-1951. 2 vol. (Bibliothèque de la Pléiade, 81, 86).

Réimpressions : 1964, 1966, 1973, 1976, 1989, 1990, 1996.

1950-1955:01 Montesquieu, Œuvres complètes publiées sous la direction d’André Masson, Paris : Nagel, 1950-1955. 3 vol. in-4˚ Cartes.

1964:01 Montesquieu, Œuvres complètes, préface de Georges Vedel, présentation et notes de Daniel Oster, Paris : Le Seuil, 1964. (L’Intégrale). pp. 1117, [1].

Réímpression : 1970, 1977.

Traductions

Allemand

1809:01 Hinterlassene Schriften von Montesquieu, nach seinem Tode als ein Nachtrag zu seinem Werken herausgegeben. Uebersetzt von E. G. Küster, Leipzig : Hinrichs, 1809.

1815:01 Auswahl kleinerer Werke. Neue Auflag, Mainz : Kupferberg, 1815.

1827-1830:01 Sämmtliche Werke, Heilbronn : Claß, 1827-1830. 10 vol.

1854:01 Werke, mit Anmerkungen von Adolf Ellissen. Leipzig : Wigand, 1854 (Französicher Classiker, Neue ausgabe, 2). 12 vol.

1785:01 Nachgelassene Werke. Liegnitz : Siegert [Glogau : Heymann], 1785.

Fromm 18395.

1798:01 Hinterlassene Schriften von Montesquieu, nach seinem Tode als ein Nachtrag zu seinem Werken herausgegeben. Uebersetzt von Eliefer Gottlieb Küster, Gereralsuperintendenten in Braunschweig. Altenburg, bei E.H. Richter, 1798. In-8°, pp. [ii], IV, [6], 410.

Comprend : 1. Verbericht des Uebersetzers. – 2. Abhandlung über die Staatsklugheit der Römer in Ansehung der Religion. – 3. Gelegenheitsreden und Vorlesungen in der Academie der Wissenschaften gehalten : Antrittsrede bei der Aufnahme in die Academie der Wissenschaften zu Bordeaux ; Rede bei der Wiedereröfnung der Academie zu Bordeaux ; Vorlesung über die Ursache des Echo, Vorlesung über den Nutzen der Nierendrüsen, Entwurf zu einer Naturgeschichte der Erdinältern und neueren Zeiten, 1719, Vorlesung über die Ursache der Schwere der Körper, Vorlesung über die Ursache der Durchsichtikeit der Körper, Beobachtungen über die Naturgeschichte, Rede über der Bewegungsgründe, die uns zu den Wissenschaften aufmuntern müssen, Lob- und Gedachtnissrede auf den Herzog von la Force. – 4. Sammlung einzelner Gedanken : Montesquieu’s Bild, von ihm selbst gezeichnet, Ueber die alten Schriftsteller, Ueber die neuern Schriftsteller, Ueber Frankreichs große Männer, Ueber die Religion, Ueber die Jesuiten, Ueber die Engländer und Franzosen, Mannichfaltigkeiten. – 5. Vertraukiche Briefe. – 6. Anekdoten. – 7. Kunstregeln. – 8. Gedichte. – 9. Anrufung der Müsen. – 10. Gründliche Zergliederung des Geistes der Gesetze, von Bertolini. – 11. Montesquieu’s Brief an den Abt Bertolini.

Fromm 18396.

Helsinki, UB : 380 II. 23. – Wolfenbüttel, HAB.

1799:01 Des Herrn von Montesquieu Sämmtliche Werke, I-VIII Theile, Wien, gedruckt und verlegt bey B .Ph. Bauer, 1799. In-8°.

Comprend : t. I-IV : Werk vom Geist der Gesetze. Nach der neuesten und verm. Aufl. aus dem Französiscen übersetzt une mit vielen Anmerkung vers. – t. V : Betrachtungen über die Ursachen der Größe und des Verfalls der Römer. Aus dem Französichen mit Anmerkungen. – t. VI : Abhandlungen uber die Staaatsklugheit der Römer, in Ansehung der Religion. – t. VII-VIII : Kleinere Werke.

Fromm 18391.

Göttingen, NSUB. – Wolfenbüttel, HAB.

1799:02 Des Herrn von Montesquieu kleinere gesammelte Schriften. Aus dem Französischen ganz neu übersetzt und mit Anmerkungen versehen. Wien, B. Ph. Bauer, 1799. 3 vol.

Comprend : t. I : Abhandlungen über die Staaatsklugheit der Römer, in Ansehung der Religion. – t. II : Sammlung eizelner GedankenVertraute Briefe. – t. III : Vorrede des Verfassers, Persische Briefe.

Fromm 18397.

Cluj-Napoca, AR.

Anglais

1759:01 Miscellaneous Pieces of M. De Secondat, Baron De Montesquieu. Translated From the New Edition of his Works in Quarto printed at Paris. London : Printed for D. Wilson and T. Durham, in the Strand. MDCCLIX. In-8°, pp. viii, 334.

Comprend : Advertisement ; M. D’Alembert’s Elogium on Baron de Montesquieu, The Analysis of the Spirit of Laws, by M. D’Alembert, An Oration delivered, January 24, 1728,by the Baron de Montesquieu, when he was received into the French Academy in the room of the late M. de Sacy, An Essay on Taste, Eleven new Persian Letters, The Temple of Gnidus, Cupid distressed, Lysimachus, A Defence of the Spirit of Laws ;to which are added some explanations.

Cambridge, King’s. – Cambridge, UL. – Chicago, ICN. – Harvard, MH. – Londres, BL. – New York, NYPL. – Oxford, Bod. – Toronto. Fisher. – Yale, CtY.

1777:01 The Complete Works of M. de Montesquieu. Translated from the French. In four volumes. London, Printed for T. Evans, in the Strand ; and W. Davis, in Piccadilly. M DCC LXXVII. 4 vol. in-8°. Frontispice, t. I : portrait de Montesquieu « Engraved for J. Evans’s Edition of Montesquieu’s Works ». Signé : « J. Collyer sculpt ».

Comprend : t. I : An Eulogium on President Montesquieu by Monsieur D’Alembert, The Spirit of Laws I-XIX. – t. II : The Spirit of Laws XX-XXXI. – t. III : Considerations on the causes of the grandeur and declension of the Roman Empire, A Dialogue between Sylla and Eucrates, Persian Letters, Three letters of M. de Montesquieu to M. le chevalier de Bruant. – t. IV. Familiar Letters, An Oration Pronounced the 25th of January 1728. By President Montesquieu When he was received into the French Academy in the room of the late M. de Sacy, An Essay upon Taste, in subjects of nature and of art. A Fragment, The Temple of Gnidus, Cupid distressed, Lusimachus, The Analysis of The Spirit of Laws. By M. d’Alembert, A Defence of The Spirit of Laws to which are added some explanations, Index to The Spirit of Laws, Index to the Grandeur and Decline of the Roman Empire, Index to the Persian Letters.

Cambridge, UL. – Londres, BL. – Oxford, Bod. – Yale, CtY (t. II-IV).

1777:02 The Complete Works of Monsieur de Montesquieu. Translated from the French. In four volumes. Dublin : Printed for W. Watson, W. Whitestone, J. Williams, W. Colles, W. Wilson, T. Walker, C. Jenkin, L.L. Flin, E. Lynch, R. Moncrieffe, L. White, E. Cross, M. Mills, P. Wogan, T. Armitage, J. Beatty, and J. Exshaw. MDCCLXXVII. 4 vol. in-8°. Frontispice (portrait).

Réimpression du n° précédent.

Cambridge, UL. – Harvard, MH (t. II-IV). – Londres, BL. – Oxford, Bod.

1800:01 The Works of M. de Secondat, Baron de Montesquieu. Translated from the French In three volumes. London : Printed for Vernor & Hood, 31 Poultry. 1800. 3 vol. in-4°.

Comprend : t. I-II : Spirit of Laws – t. III : Grandeur and Declension of the Roman Empire, Persian Letters, Familiar Letters, Miscellaneous Pieces (An Oration by M. de Montesquieu, when he was received into the French Academy, January 1728 ; An Essay upon taste ; The Temple of Gnidus ; Cupid distressed ; Lysimachus).

Londres, BL.

Italien

1792:01 Opere postume del signor di Montesquieu. Traduzione dal Francese. Napoli MXCCXCII. Presso Pietro Perger Con licenza de’ Superiori. in-8°, pp. VII, [I], 215, [1].

Naples, BN.

Cecil P. Courtney

Notes

1 Louis Desgraves, « L’édition des Pensées de Montesquieu au XVIIIe siècle (1787-1796) », dans Éditer Montesquieu au xviiie siècle, dir. L. Desgraves, Bordeaux, Société des bibliophiles de Guyenne, 1999.

2 Avis de l’éditeur, t. I.

3 Voir, au tome 18 de celle-ci, p. xxv-xxvi, l’introduction de Louis Desgraves à la Correspondance

4 Voir J. Ehrard, « Les ”Œuvres complètes” de Montesquieu », dans La Notion d’œuvres complètes, Jean Sgard et C. Volpilhac-Auger dir., Oxford, Voltaire Foundation, SVEC, 1999, p. 49-55 ; « Les Œuvres complètes de Montesquieu au XVIIIe siècle », dans, Éditer Montesquieu au XVIIIe siècle, Louis Desgraves dir., cité ci-dessus note 1.

5 « Bataille d’éditeurs autour des œuvres de Montesquieu, 1758-1769 », Revue Montesquieu 4, 2000, p. 238-246.

6 David Clark Cabeen,Montesquieu : a bibliography, New York, The New York Public Library, 1947, 87 pages.

7 Tome I, p. G.

8 Voir J. Ehrard, « 1795 “Année Montesquieu” ? », dans Jean Ehrard,L’Esprit des mots. Montesquieu en lui-même et parmi les siens, Genève, Droz, 1998, p. 307-325.

9 Éloge […], p. 48.

10 Ibid., p. xv.

11 Tome I, p. xxxiii et suiv.

12 Tome I, p. v-vi.

13 Avertissement de l’éditeur.

14 « Avertissement ».

15 Tome I, « Avertissement ».

16 « Avertissement ».

17 Tome I, p. vi.

18 Tome I, p. i.

19 Sur la lecture libérale de Montesquieu par Laboulaye, voir Simone Goyard-Fabre, « Edouard Laboulaye, légataire universel de Montesquieu : la « République constitutionnelle” », Dix-huitième siècle 21, 1989. Les douze articles de ce numéro spécial éclairent bien, par ailleurs, la « fortune bibliographique » de Montesquieu, qu’Alberto Postigliola et Domenico Felice étudient plus particulièrement pour la période 1789-1815 en France et en Italie.

20 The complete Works of M. de Montesquieu translated from the French in 4 volumes (London, T. Evans and W. Davis, 1777).

21 Tome I, Préface.

22 B. Ph. Bauer, en 8 vol.

23 Voir, par exemple, Catherine Larrère, « Œuvres complètes, œuvres incomplètes. À propos de Michel Foucault », dans La Notion d’œuvres complètes, ouvr. cité ci-dessus note 4, p. 125-150.

24 Sur l’intérêt scientifique d’une édition séparée du manuscrit de travail de L’Esprit des lois, voir notre prépublication des Livres I et XIII (Oxford, Voltaire Foundation, 1998), p. xxv-xxxv, ainsi que les contributions d’Alberto Postigliola, « Éditer L’Esprit des lois », et de Georges Benrekassa, « Le manuscrit de travail de L’Esprit des lois », dans Éditer Montesquieu/Pubblicare Montesquieu, a cura di Alberto Postigliola, Quaderni del Dipartimento di Filosofia e Politica, Istituto Universitario Orientale, 18 (Napoli, Liguori Editore, 1998). Bien entendu, nous renvoyons aussi le lecteur aux tomes 3 à 7 de la présente édition.

25 Louis Desgraves, Inventaire des documents manuscrits des fonds Montesquieu de la bibliothèque municipale de Bordeaux, Genève, Droz, 1998. L’auteur a eu la vaillance d’achever et publier parallèlement sa Chronologie critique de la vie et des œuvres de Montesquieu, Paris, Champion, 1998.