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Des causes aux lois, recherches sur l’anatomie et la physiologie humaines en 1738

Sommaire

Dans le fonds de La Brède figurent deux feuillets découverts en 1877 et identifiés à juste titre comme « Notes du président de Montesquieu demandant à son libraire différents livres de médecine 1  », qui pourraient bien, une fois extraits de leur gangue, se révéler de véritables pépites. Ces notes entièrement autographes nous semblent très précisément correspondre aux recherches entreprises pour l’Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères, et par là fournir des indications précieuses sur la documentation de Montesquieu – et peut-être un peu plus.

Le manuscrit

[f. 1r]
Vieussens neurologie fol
Eustachi [un blanc] fol
Duverney sur l’oreille in:douse
Valsalva sur l’oreille in quarto
Caspom sur l’oreille in quarto
Lancisius sur le coeur in folio
Vesalius edition de Londres Leyde
Ridley Londres en anglois
Ruisch l’edition qui est en hollandois et en latin avec ses epitres
Verreyen edition |2de| de Bruxeles grandes figures in quarto
––––––––––––––
J’ay Malpighi in-quarto édition de Leyde 1687 2 vol. Scavoir si le traité de ovo incubato y est
[un blanc] il est fol. de Londres 1687 : Lequel vaut mieux
Ches Barrois sur le quay des Augustins, à la ville de Nevers 2
image
BM Bordeaux, Ms 2528 f. 1
[f. 2r]
Mr Cavalier a
Vesale en grand papier deux vol. edition de Leyde cent francs en blanc un exemplaire :
Duverney De organo auditus in quarto 4lt en blanc le francois est in douze il ne l’a pas francois :
|Il a| Lancisii Opera omnia 2 vol. 4 : il ne croit pas que De motu cordis y soit :
Ruisch : imprimé en latin Amstredam avec les epitres 60lt en blanc cela fait 4 vol :
il a Ridley de l’edition de Leide 3lt10’ en blanc 3  :
–––––––––––––
Vieussens edition de Geneve dix francs en blanc
image
BM Bordeaux, Ms 2528 f. 2

Lecture et interprétation

Les destinataires de ces listes sont deux libraires bien connus : (Marie) Jacques Barrois, gendre de François Didot, tient boutique quai des Augustins, près du pont Saint-Michel, à l’enseigne « à la Ville de Nevers » ; il a été reçu libraire en février 1734 4 . Ce repère chronologique permet d’identifier « Mr Cavalier » comme Guillaume Cavelier le fils (connu comme Guillaume III) 5 , libraire à Paris de 1702 à 1751 en étant d’abord associé à son père, Guillaume II ; installé rue Saint-Jacques, il offre les Lettres persanes dans ses catalogues à partir de 1736 6 .

Dans quel ordre faut-il lire les deux feuillets ? Si le second est manifestement une réponse transcrite par Montesquieu (« Mr Cavalier a »), ce qui implique qu’il se soit déplacé lui-même chez ce libraire, le statut du premier est plus ambigu. Il ne peut s’agir en fait, comme on va le voir, que d’une liste soumise à Barrois qui porte les réponses reçues de celui-ci ; l’adresse qui figure sur le premier feuillet indique qu’elle a été transmise, par un secrétaire ou un valet. Pareille liste avait sans doute été adressée en parallèle ou peu de temps après à Cavelier.

Reprenons les éléments de cette liste. « Vieussens neurologie » ne peut être que Raymond Vieussens, Neurographia universalis, dont un exemplaire est présent dans le catalogue de La Brède 7 , mais pas dans l’édition « de Geneve » qu’évoque la réponse de Cavelier : c’est donc à Barrois que Montesquieu l’a acheté – c’est pourquoi il nous semble que le premier feuillet est antérieur au second.

Il en est de même pour « Eustachi », qui doit désigner Bartolomeo Eustachi, et sans doute ses Tabulae anatomicae qu’on retrouve également dans la bibliothèque de La Brède 8  ; c’est même le volume dans lequel a été trouvée cette note 9  : ces deux titres, biffés sur ce document, ont été inscrits dans le catalogue par le secrétaire E, donc avant le printemps 1739 10 .

Mais continuons la liste : « Duverney sur l’oreille in :douse » est identifié par la réponse de Cavelier : « Duverney De organo auditus in quarto […] le francois est in-douze il ne l’a pas francois » ; est ainsi mentionné Joseph- Guichard Duverney, De organo auditus, Norimbergae, impensis J. Ziegeri, 1684, in-4o, et Traité de l’organe de l’ouïe, Leyde, J. A. Langerak, 1731, in-12. Autrement dit deux ouvrages qui ne figurent pas à La Brède ; mais justement, Montesquieu voulait la version française, que Cavelier ne peut lui procurer, comme sans doute Barrois.

« Valsalva sur l’oreille in quarto » doit renvoyer à Antonio Maria Valsalva, De aure humana tractatus, Trajecti ad Rhenum, G. van de Water, 1707, in-quarto, qui ne figure pas davantage à La Brède que « Caspom sur l’oreille in quarto », lequel renvoie sans guère de doute à Johann Friedrich Cassebohm, Tractatus quattuor de aure humana, Hagae Magdeburgicae, sumtibus Orphanotrophei, 1734-1735, deux parties en un volume in-quarto.

« Lancisius sur le coeur in folio » serait plus énigmatique sans la réponse de Cavelier, qui évoque le détail des Opera omnia : on est donc orienté vers « Giovanni Maria Lancisi Opera, collegit ac in ordinem digessit Petrus Assaltus. Genevæ, 1718. In-4o, 2 vol. », car c’est sous ce titre que l’ouvrage apparaît à La Brède, une nouvelle fois inscrit par le secrétaire E 11 . Mais le De motu cordis n’y figure pas ; Montesquieu aurait-il acheté quand même cet ouvrage ? En tout cas, ce titre de la liste n’est pas biffé, signe que ce n’est sans doute pas Barrois qui l’a procuré.

« Vesalius edition de Leyde » qui n’est apparemment pas fourni par Barrois pouvait l’être par Cavelier, qui a « Vesale en grand papier », soit André Vésale, Opera omnia anatomica et chirurgica, Lugduni Batavorum, apud J. Du Vivie et J. et H. Verbeek, 1725, 2 volumes, in-folio 12 . Mais il ne se trouve pas à La Brède. Il est vrai que ce qu’en demande Cavelier est exorbitant : on n’imagine guère Montesquieu débourser cent livres (auxquelles il faut ajouter le prix de la reliure, puisqu’il est « en blanc ») pour un ouvrage d’une présentation luxueuse (« grand papier »), dont on ne trouve guère d’exemple dans sa bibliothèque, qui n’a rien de celle d’un bibliophile.

En serait-il de même pour « Ruisch l’edition qui est en hollandois et en latin avec ses epitres » ? Barrois ne semble pas y avoir répondu, tandis que Cavelier propose « Ruisch imprimé en latin Amstredam avec les epitres », ou plutôt Fredericus Ruysch, Opera omnia anatomico-medico-chirurgica, Amsterdami, 1737, en quatre volumes in-quarto, comprenant une série d’Epistolae problematicae anatomicae. L’ouvrage coûte soixante livres ; Montesquieu ne s’est sans doute pas résolu à cette dépense, ou du moins le catalogue n’en porte pas trace – remarquons encore que le titre n’est pas rayé sur notre liste.

N’oublions pas Ridley « Londres en anglois » ; Cavelier ne pouvait l’offrir que dans l’« edition de Leide », sive Henry Ridley, Anatomia cerebri complectens ejus mechanismum et physiologiam […] ex anglico in latinum […] translata, Lugduni Batavorum, apud J. A. Langerak, 1725, un volume in-octavo. Ce que Montesquieu voulait était plutôt « The Anatomy of the brain containing its mechanism and phisiology. London, 1695. In-8o, 1 vol. ». C’est en effet sous cette forme que l’ouvrage, dont le titre n’est pas biffé sur la liste, apparaît dans le catalogue de La Brède, inscrit lui aussi par le secrétaire E 13 .

La correspondance avec Martin Folkes, président de la Royal Society, grand ami et correspondant de Montesquieu, éclaircit l’affaire. Dans une lettre du 19 août 1738, Montesquieu déclare : « Je vous supplie, en envoyant le Ridley de vouloir bien y mettre le prix ; cette petite exactitude est nécessaire entre nous, sans quoi je serois gêné pour de pareilles commissions que votre amitié me permet de prendre la liberté de vous donner 14 . » The Anatomy of the Brain était en langue originale, et Montesquieu, qui lit parfaitement l’anglais depuis son séjour en Angleterre de 1729 à 1731, ne pouvait que préférer cette édition à celle que lui proposait Cavelier. Comme ni Cavelier ni Barrois ne lui donnaient satisfaction, il s’est tourné vers son correspondant anglais, qui lui procure régulièrement mainte fourniture introuvable ailleurs qu’à Londres 15 .

Ces deux derniers ouvrages (Ruysch et Ridley) nous fournissent des éléments de datation irrécusables : à partir de la fin de 1737 (le temps que Montesquieu ait connaissance des Opera de Ruysch, datés de cette année) et avant août 1738. Mais les livres parlent eux aussi : un des exemplaires conservés dans le fonds de La Brède porte une date ; dans les deux tomes de l’ouvrage de Lancisius mentionné ci-dessus, l’ex-libris est daté de 1738. C’est donc très vraisemblablement au printemps ou au début de l’été 1738 que Montesquieu fait la tournée des libraires, à la recherche de livres d’anatomie qui lui permettront d’approfondir les « causes physiques » susceptibles d’influer sur le comportement humain – car c’est aussi le secrétaire E qui copie l’Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères 16 .

Reste cependant ce « Verreyen », seconde édition de Bruxelles in-quarto et avec figures, qui recouvre manifestement Philippe Verheyen, Anatomia corporis humani cum figuris, editio secunda, Bruxellis, apud fratres t’Serstevens, 1710, deux volumes in-quarto. Il est lui aussi biffé ; or il figure dans le Catalogue 17 , mais il n’a pas été acheté en 1738 : il est inscrit par le secrétaire D, qui a dû rester jusqu’en 1733 environ. S’agirait-il d’une erreur ? Entre janvier et octobre 1738, Montesquieu réside à Paris ; il ne peut donc vérifier dans le catalogue ce qu’il possède à La Brède.

« Malpighi » est lui aussi rayé, et justement donné par Montesquieu comme déjà acquis, du moins pour l’édition de Leyde, 1687 ; de fait, il figure bien dans le Catalogue, de la main de Duval : « Opera, Lugd. Bat. [P. van der Aa], 1687. In-4o, 2 vol. 18  » ; pour répondre à la question que se pose Montesquieu, c’est dans celle-ci qu’on trouve le traité De ovo incubato 19 . Mais l’édition « folio de Londres 1687 » apparaît aussi dans la bibliothèque ; du moins comme « Opera omnia, Londini, apud R. Scott, 1686. In-fol., 1 vol. 20  », la différence de date venant soit d’une confusion avec l’édition précédente, soit d’une approximation ; ce dernier titre est bien sûr inscrit par le même secrétaire E.

Parmi les quelques soixante-dix titres dus à la même main, on retiendra encore, de Luis de Camões les « Lusiades […] Poeme sur la decouverte des Indes orientales traduit du portugais par du Perron de Cast[e]ra. Paris, 1735. In-12, 3 vol. 21  », car son nom figure au verso du premier feuillet (sous la forme « Le Camoens »), précédé du titre biffé : « Scaligerana », qui désigne sans équivoque ce que le catalogue annonce comme « Scaligeriana edit. alt. Colon. Agrip., 1667. In-12, 1 vol. », autrement dit les remarques d’érudition et de philologie, destinées aux savants, de Joseph Juste Scaliger 22 . Or il n’était pas besoin d’acheter ce dernier ouvrage, puisqu’il a été inscrit par le secrétaire D 23 . C’est donc sans doute pour cela que ce titre a été biffé, comme nous l’avions suggéré pour celui de Verheyen.

Mais une piste s’est ouverte, qui mérite d’être suivie : celles des ex-libris datés par le secrétaire, comme pour l’ouvrage de Lancisi. La même année voit en effet entrer dans la bibliothèque l’Exposition anatomique du corps humain, de Winslow 24 , tout à fait récent (1732), qui relève des mêmes préoccupations et porte la même date de 1738. L’examen systématique de ces ex-libris datés, d’ailleurs peu nombreux, permet d’assigner à la même période l’achat de l’ouvrage de Gassendi sur la philosophie épicurienne, In decimum librum Diogenis Laertii animadversiones, de 1649 25 .

En revanche les sciences sont seules représentées avec les ex-libris de 1739 : deux ouvrages de Borelli, respectivement de 1710 et 1686 26 , De motu animalium etDe vi percussionis et motionibus naturalibus, et les Opera posthuma de Huygens, de 1728 27 – autrement dit la publication tardive de traités écrits au XVIIe siècle 28 . Après l’oreille, le cœur, le cerveau, l’heure est alors à la biomécanique 29 – même si le tome II des Opera posthuma contient aussi des ouvrages d’astronomie, on est tenté de retenir surtout, pour faire écho à Borelli, De motu corporum ex percussione. Du corps anatomisé au corps en mouvement…

Conclusions

Ce sont donc finalement les titres de cinq ouvrages médicaux, et un relevant des belles-lettres, qui nous sont fournis : pour les premiers, quatre auprès de Barrois et Cavelier, auxquels il faut ajouter un trouvé seulement en Angleterre. Il s’agit pour ceux-là d’éditions récentes : 1716, 1718, et 1728, mais 1695 pour celle de Ridley, l’édition originale étant préférée à une traduction. Parmi ceux qui sont présentés à Montesquieu mais ne lui conviennent pas, un de 1684, un de 1731, un de 1707, un de 1734-1735, ce qui tendrait à prouver qu’il recherche alors plutôt des ouvrages récents – on n’y ajoutera pas le Vésale de 1725, car Cavelier aurait sans doute pu trouver une édition plus ancienne et moins coûteuse de cet anatomiste du XVIe siècle, parmi les plus célèbres dans l’histoire de cette science. Le critère de la date d’édition semble donc difficile à manier. Ces recherches tendent en tout cas à montrer qu’il n’est pas si facile de se procurer les éditions souhaitées, dès lors qu’on entre dans le domaine du livre savant.

Qu’apprend-on sur les centres d’intérêt de Montesquieu ? Vers le printemps et l’été 1738, sans se cantonner exclusivement aux lectures scientifiques (en témoigne son intérêt pour Camões et Scaliger), Montesquieu cherche encore à acquérir toute une documentation médicale, portant essentiellement sur l’anatomie, destinée à compléter celle qu’il a accumulée auparavant, sans toutefois se résoudre à dépenser des sommes excessives. Tenons-nous là plusieurs des sources capitales pour l’Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères, dont il faudrait allonger la période de composition, jusque-là restreinte à 1732-1736 ? On est tenté de le croire, puisque les ouvrages de Vieussens et Eustachi ont effectivement servi à Montesquieu 30 , ainsi que ceux de Malpighi 31 . Mais si l’on considère The Anatomy of the Brain, il ne semble pas avoir été véritablement utilisé dans l’Essai, alors même que Montesquieu s’est acharné à le trouver. Les autres ouvrages demandés, qu’ils figurent ou non dans le Catalogue, ne paraissent pas avoir été non plus nécessaires à une rédaction qui, on vient de le voir, s’est prolongée au moins jusqu’au printemps 1738, ce qui modifie sensiblement ce qu’on savait de la chronologie de l’Essai sur les causes.

À cette date, Montesquieu souhaitait donc continuer ses recherches, mais il ne les a pas poussées jusqu’à leur terme, et en tout cas n’a pas fait avancer l’ouvrage en ce sens. Serait-ce trop inférer de dire que l’Essai commençait à ne plus l’intéresser en tant que tel ? Il exprime des réserves, il discute certaines théories trop catégoriques : ainsi, sur un feuillet ajouté au manuscrit principal de l’Essai, il conteste l’idée que les esprits animaux puissent refluer vers le cerveau comme le voulait Sénac, à la suite de Descartes, dans l’Anatomie d’Heister 32 – Sénac dont l’ouvrage est également inscrit dans le Catalogue manuscrit par le même secrétaire E, sous la dictée de Montesquieu 33 . L’Essaiest aussi le lieu des questions et des doutes.

Cette étape, observable aussi bien dans le texte même que par l’étude de ses sources, atteste qu’en 1738-1739, après plusieurs années consacrées à des lectures très différentes  – relations de voyages, études sur le commerce, la politique, etc. – dont ne témoignent plus aujourd’hui que les Geographica II, Montesquieu abandonne l’Essai sur les causes pour se lancer dans ce qui va devenir L’Esprit des lois et finalement retirer de l’Essai ce qui lui sera utile pour cet ouvrage, qui prend véritablement forme et se structure vers 1739 34 . Mais jamais Montesquieu ne se cantonne à un seul champ : les Lusiades ou le Scaligerana, les interprétations d’Épicure telles qu’elles se sont développées au XVIIe siècle, apparaissent comme un contrepoint indispensable.

Ainsi, s’il était peu vraisemblable de penser à la suite de Robert Shackleton que Montesquieu avait poursuivi en parallèle les deux œuvres 35 , il ne l’est guère davantage de supposer entre elles un hiatus de plusieurs années. C’est en travaillant à l’Essai que Montesquieu s’est porté vers L’Esprit des lois, et il n’y a pas lieu de supposer une rupture, voire une discontinuité de l’un à l’autre. L’analyse physiologique qui sert d’assise au livre XIV et l’examen des facteurs complexes et multiformes qui déterminent les comportements humains ne sont donc pas la résurgence tardive d’un travail auquel il aurait renoncé, dont il se serait désintéressé ou sur lequel il aurait buté jusqu’à le tenir pour un échec, avant de s’aviser un jour de l’usage qu’il pouvait en faire : ils constituent le prolongement immédiat de recherches qui, désormais placées dans une perspective infiniment plus ample, prennent un autre sens. L’Essai sur les causes court se mêler dans L’Esprit des lois pour s’y perdre, mais surtout pour lui donner l’élan d’une pensée neuve.

Notes

1 Ms 2528. Dimensions : f. 1, 151 x 176 mm ; f. 2 : 210 x 163 mm. Traces de pliure sur les deux feuillets.

2 Cette indication figure à droite de la liste, mais en fait le pliage montre qu’il s’agit de l’adresse.

3 Un trait sépare cette ligne et la suivante.

4 Jean-Dominique Mellot et Élisabeth Queval, Répertoire d’imprimeurs/libraires (vers 1500 - vers 1810), Paris, Bibliothèque nationale de France, 2004, no 275.

5 Ibid., no 1041.

6 Voir ce catalogue, sous la cote BNF [Q 8616] ; il avait donc des raisons particulières d’être en relation avec Montesquieu (cité par Edgar Mass, « Les éditions des Lettres persanes », Revue française d’histoire du livre 102-103, 1999, p. 19-55, ici p. 25) ; mais il ne faut sans doute pas surestimer ce fait : les Lettres persanes étaient d’un bon rapport, et avaient de quoi attirer les libraires.

7 Catalogue, no 1274 : « Lugd. [apud Joannem Certe], 1716 ; in-fol., 1 vol. 

8 Catalogue, no 1242 : Bartolomeo Eustachi, Tabulae anatomicae notis illustravit Joannes Maria Lancisius. Editio Romana altera. Romae [sumptibus Laurentii], 1728 ; in-fol., 1 vol. (exemplaire vendu en 1926).

9 Louis Desgraves, Inventaire des documents manuscrits des fonds Montesquieu de la bibliothèque municipale de Bordeaux, Genève, Droz, 1998, no 29, p. 40.

10 Montesquieu quitte le Bordelais au plus tard fin février 1739.

11 Catalogue, no 1137 ; ces deux volumes sont conservés dans le fonds de La Brède, no 1585 et 1586.

12 Une édition de Chirurgia magna, 1725, est en un seul volume.

13 Catalogue, no 1260.

14 OC, t. 19, lettre 483.

15 OC, t. 19, lettre 530, note 1.

16 Pierre Rétat et Guillaume Barrera éd., OC, t. 9, 2006, p. 203-270.

17 Catalogue, no 1271.

18 Catalogue, no 1151.

19 Tome II, p. 73-84.

20 Catalogue, no 1254.

21 Catalogue, no 2007.

22 Sur les particularités du premier des « ana », fort éloigné des ouvrages qui reprendront sous un titre analogue les anecdotes et bons mots de personnages plus ou moins illustres, voir Francine Wild, Naissance du genre des Ana (1574-1712), Paris, Champion, 2001, p. 85-124.

23 Catalogue, no 2354.

24 Catalogue, no 1275.

25 Catalogue, no 1462.

26 Catalogue, nos 1411 et 1763.

27 Catalogue, no 1768.

28 Borelli est mort en 1679, Huygens en 1695.

29 Montesquieu avait aussi pu y être amené par d’autres voies : le sujet du prix de l’académie de Bordeaux décerné le 25 août 1737 était « « La nature et la cause du mouvement des muscles ». C’est un Écossais, Alexander Stuart, dont Montesquieu avait transmis la dissertation, qui avait été couronné (voir OC, t. 19, lettre 644).

30 Voir la note 74, p. 239, de l’édition de l’Essai sur les causes par Guillaume Barrera : « Ici, Montesquieu a visiblement sous les yeux les tables d’anatomie d’Eustache […] et les travaux de Vieussens […] ».

31 Ibid., note 18 p. 222 et note 40 p. 228. On ne peut opérer les mêmes rapprochements avec Borelli, dont la position mécaniste est partagée par plusieurs savants (dont Sénac, cité dans l’Essai sur les causes, p. 231 : voir ci-après) et dont les théories participent du succès général de la notion de fibre, ce qui rend difficile l’identification d’une éventuelle influence précise.

32 Essai sur les causes, p. 231. Le passage visé par Montesquieu se trouve à la page 86 de cet ouvrage (Catalogue, no 1249).

33 Voir L’enrichissement du Catalogue.

34 Voir dans OC, t. 4, notre introduction, 4e partie, et l’annexe A5.

35 Sur les interprétations successives, toutes aussi peu convaincantes les unes que les autres, que Shackleton a données de la datation de l’Essai sur les causes en les fondant sur l’influence supposée (et controuvée) d’Arbuthnot, voir la référence citée dans la note liminaire.