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Fonctionnement et utilisation

Sommaire

Le Catalogue manuscrit de la bibliothèque du château de La Brède, dressé au temps de Montesquieu et pour son usage, est un document parfaitement utilisable aujourd’hui comme il l’était du temps de Montesquieu, à condition qu’il soit présenté de manière à la fois lisible et fidèle – c’est le but de l’édition – et qu’en soit procurée une utilisation fonctionnelle : tel est l’enjeu de la base de données, qui offre des enrichissements de nature à en élargir considérablement la portée et à en transformer l’usage. Grâce aux informations désormais disponibles, notre connaissance des livres de Montesquieu devient autre. Le Catalogue manuscrit nous mène devant les rayons de la bibliothèque de La Brède ; la base de données nous en ouvre les livres. Pour éclairer les uns et les autres, sont proposées les études et annexes documentaires.

La Bibliothèque virtuelle réalise en effet la confrontation du Catalogue manuscrit de la bibliothèque de La Brède avec un ensemble documentaire ; organisé sous la forme d’une base de données, celui-ci regroupe toutes les sources possibles d’information sur les livres mêmes que Montesquieu a tenus en main, à commencer par les exemplaires subsistants : ceux qui sont conservés à la bibliothèque municipale de Bordeaux, soit la moitié de sa bibliothèque, qui comptait plus de trois mille ouvrages, mais aussi ceux qui ont pu être retrouvés de par le monde et dans les collections privées, soit plusieurs dizaines. Les notices du Catalogue manuscrit, presque toujours sommaires et parfois erronées, sont ainsi vérifiées, et surtout amplifiées par les descriptions bibliographiques réalisées par la bibliothèque de Bordeaux ou par notre équipe ; celles-ci permettent d’entrer dans le contenu même des livres (titres complets et adresses bibliographiques, détail des recueils factices et des volumes composés de plusieurs parties, etc.), tout en livrant des précisions sur les possesseurs précédents, les reliures ou divers signes distinctifs qui ont pu être exploités ici et ont ainsi révélé des « strates » (thématiques ou chronologiques) qu’on ne soupçonnait pas.

Il s’agit là du premier pan de données qui s’étoffent d’une reprise des notices des catalogues de vente de 1926 : avaient été décrits par les experts plus de cinq cents ouvrages ayant appartenu à Montesquieu – plus qu’on ne le pensait jusque-là –, ce qui en fait une source irremplaçable, qu’il fallait utiliser mieux qu’on ne l’avait fait précédemment : en a été tiré de manière systématique tout ce qui était exploitable et pouvait nous apprendre quelque chose sur des ouvrages dont on a aujourd’hui perdu la trace.

Un tel travail ne se cantonne pas à des vérifications et une compilation : la dimension scientifique en accompagne toutes les phases et bénéficie de ces perspectives nouvelles. C’est ce qui a permis de débusquer des erreurs du Catalogue, de lever des ambiguïtés, de faire apparaître des difficultés qui n’avaient pas été soupçonnées jusque-là, ce qui a relancé l’enquête et fait intervenir de nouvelles sources documentaires, inédites ou déjà connues, mais sous-estimées. Cela a aussi permis de mieux connaître les expériences intellectuelles de Montesquieu, de définir ce que furent ses goûts et ses choix, esthétiques ou philosophiques, et surtout d’approfondir la manière dont s’est constitué progressivement cet immense réservoir des savoirs, qui est tout autant celui de sa documentation que le reflet et l’aliment d’une curiosité sans cesse relancée.

La Bibliothèque virtuelle apparaît donc comme constituée de trois faces : l’édition critique du Catalogue manuscrit, la base de données, et l’ensemble des études et annexes documentaires qui s’appuient sur toutes les informations ainsi fournies et qui les éclairent.

Ces études et annexes, organisées en deux massifs, autour du Catalogue et de la bibliothèque de La Brède, peuvent être lues de manière indépendante, car elles ont d’ores et déjà des retombées considérables sur l’ensemble de l’édition des Œuvres complètes, confirmant que l’étude du corpus manuscrit doit être globale ; mais elles sont aussi accessibles à partir du Catalogue lui-même ou de la base de données, par le biais de renvois quand on y trouve un élément explicatif ou justificatif.

L’édition critique du Catalogue manuscrit de la bibliothèque de La Brède et la base de données sont scientifiquement indissociables, mais elles répondent à des besoins différents. Elles correspondent à deux modes distincts d’utilisation : l’édition permet d’accéder, suivant un mode de lecture traditionnel, à des informations précises, mais limitées et parfois déformées par la présentation qui en est donnée par le manuscrit ; la base offre, à partir de formulaires de recherche, une masse considérable d’informations, destinée à s’enrichir.

Les études et annexes

Des recherches nouvelles ont d’abord incité à reprendre des dossiers que l’on croyait bien connus, comme en témoignent les différents développements relevant de l’annexe documentaire. On a essayé de remonter, autant que faire se peut, dans la tradition et la transmission familiales, avec l’inventaire après décès (1619) de l’arrière-grand-père de Montesquieu, Jacob de Secondat, et avec un fragment du livre de raison de son père, Jacques de Secondat, datant de 1699 : le premier n’était pas connu, le second l’était incomplètement, et pour un autre aspect que celui qui nous intéresse ici. L’examen de ces documents conservés dans le fonds de La Brède n’apporte aucun élément sur le plan quantitatif ; mais il contribue à mieux faire connaître le contexte socio-familial qui a grandement pesé sur la bibliothèque du château de La Brède.

Il fallait également reprendre le dossier des ouvrages provenant de Malebranche, donc acquis entre 1715 et 1732 : seuls quelques titres ont pu être ajoutés aux relevés précédents, mais une analyse plus serrée permet de présenter des résultats plus sûrs.

Des reçus de libraires bordelais, témoignages d’acquisition de Montesquieu entre 1717 et 1722, que Louis Desgraves avait publiés en 1955, avaient été utilisés ponctuellement dans la précédente (et deuxième) édition du Catalogue, en 1999 ; désormais accessibles puisqu’ils sont conservés dans le fonds de La Brède, ils ont été repris (Les reçus de libraires) : plus correctement déchiffrés, ils ont permis l’identification d’un nombre beaucoup plus important d’ouvrages (quarante-huit au lieu de dix-neuf), dont quelques-uns ne figurent pas dans le Catalogue manuscrit ; mais surtout, systématiquement exploités, ils ont fourni des enseignements précieux sur les achats de livres qu’a effectués Montesquieu entre le moment où, recueillant la succession de son oncle, il accède à la charge de président à mortier au parlement de Guyenne, et celui où il est devenu l’auteur des Lettres persanes.

En 1999, la rubrique « Veneres » du Catalogue manuscrit nous était restée mystérieuse ; le sens a pu en être éclairci.

Une étude déjà publiée en 2008 au tome IV des Œuvres complètes de Montesquieu, désormais intitulée Recherches sur l’anatomie et la physiologie (1738), relevait pleinement de cette démarche : un document découvert en 1877 mais jamais exploité auparavant, et lui aussi conservé dans le fonds de La Brède, apparaît comme une liste de demandes adressées à des libraires parisiens ; à partir de celle-ci, il a été possible de dater plusieurs acquisitions, à l’intersection de l’Essai sur les causes qui peuvent affecter les esprits et les caractères et de L’Esprit des lois, ou plutôt en une période qui voit l’abandon de l’un et l’émergence progressive du second, et que l’on peut dès lors dater de 1738. C’était là un gisement d’information capital, principalement sur l’intérêt que portait alors Montesquieu à la science médicale, mais aussi sur les modalités d’acquisition d’ouvrages savants, difficiles à obtenir et coûteux.

L’inventaire après décès du domicile parisien de Montesquieu (mars 1755), présenté ici sur le même modèle que le Catalogue manuscrit, a été repris et mieux exploité : par rapport à l’édition de 1999, plusieurs titres supplémentaires ont pu être identifiés, renforçant l’idée qu’on a là une bibliothèque vivante, complémentaire de celle de La Brède.

Ce sont aussi nos propres instruments de travail ou d’analyse qu’il faut interroger ; ainsi des catalogues de vente de 1926 où il faut savoir reconnaître les ouvrages de Montesquieu même quand ils ne sont pas signalés comme tels et qu’ils sont désignés comme ayant appartenu à son fils – sans qu’il soit question pour autant d’abandonner le filtre rigoureux qui garantit la solidité des attributions.

Mais c’est aussi toute notre connaissance des méthodes de travail et de lecture de Montesquieu qui a pu être approfondie, car il nous est apparu qu’il est possible de faire parler les livres : les reliures, les marques de provenance, familiale ou non, la forme même et l’emplacement de l’ex-libris de Montesquieu, constituent autant d’indices ; croisés avec d’autres éléments, ils se muent parfois en preuves, et se traduisent en avancées décisives. Quand Montesquieu a-t-il appris l’anglais ? Que sait-il de l’hébreu ? Pratique-t-il régulièrement l’italien, et s’intéresse-t-il à la culture italienne ? Quels ouvrages a-t-il acquis lui-même, et quand, quels ouvrages lui sont-ils venus par héritage ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles nous avons été amenée à répondre au fil de nos recherches – à commencer par les premières : quand et dans quelles conditions le Catalogue a-t-il été constitué ?

Genèse du Catalogue explore les raisons pour lesquelles l’établissement du Catalogue apparaît comme un véritable tournant dans la démarche intellectuelle d’un philosophe marqué par l’expérience anglaise, tout en jetant une lumière nouvelle sur les catégories ou rubriques qui le composent. En effet il apparaît que c’est en 1731-1732, au retour de ses voyages, que Montesquieu l’a fait dresser, et non plus, comme on le croyait, pendant son absence ; son rôle en la matière devient donc primordial. Cette découverte n’a pu être réalisée qu’à la faveur d’une étude chronologique entièrement renouvelée de plusieurs manuscrits de Montesquieu, tout comme l’enrichissement du Catalogue : cette partie reconstitue, à partir de l’analyse de manuscrits importants de Montesquieu comme les Pensées ou le Spicilège qu’il était nécessaire de reconsidérer, les strates chronologiques grâce auxquelles on peut suivre l’évolution de ses centres d’intérêt, durant la période qui voit mûrir et prendre forme le projet de L’Esprit des lois, entre 1735 et 1747.

Il est dès lors possible de passer à l’étude de la bibliothèque : Le poids de l’héritage étudie les relations que Montesquieu entretient avec une bibliothèque ancienne dont il sait tirer parti, tout en révélant l’origine de certains « massifs » homogènes. Une nouvelle analyse tire les conséquences de toutes les études précédentes : apparaissent les parties « vives » ou « mortes » d’une véritable bibliothèque des Lumières, qui s’adosse à une composante ancienne, se renouvelle prudemment parfois, mais fait aussi éclater sa nouveauté et témoigne de curiosités et d’aspirations neuves, qu’il s’agisse de sciences, de philosophie ou d’art.

L’édition du Catalogue manuscrit

La nouvelle édition critique du manuscrit Ms 2539 de la bibliothèque de Bordeaux consiste en une version enrichie de la transcription (celle-ci peut aussi apparaître sans aucun ajout d’éditeur) ; sont ajoutés les éléments les plus simples empruntés à la base de données : date et lieu d’édition quand ils manquent ou sont erronés, adresse bibliographique complète, tous ces éléments reposant sur des sources d’information que nous détaillons ci-après. Le lieu de conservation et la cote, ou la trace dans les catalogues de vente de 1926 sont également signalés, comme ils l’étaient dans la première édition du Catalogue, en 1954, et de manière beaucoup plus développée, dans celle de 1999.

Cette présentation sera plus familière à ceux qui connaissent les éditions antérieures du Catalogue et n’ont pas besoin de recherches spécialisées ou approfondies. C’est aussi celle qui donne à lire les quelque 90 citations autographes par lesquelles Montesquieu commente une section ou un ouvrage (ou un auteur), et qui doivent être considérées comme relevant pleinement du corpus manuscrit, tant elles manifestent une capacité de jugement, le plus souvent ironique.

Une des principales nouveautés de la présente édition est de lui ajouter une dimension chronologique qui en transforme l’analyse, sur plusieurs plans : dans un certain nombre de cas, la date d’acquisition des ouvrages ou celle de l’entrée dans le Catalogue ont pu être fournies (par défaut, cette date est antérieure à 1733), avec beaucoup plus de sûreté que dans l’édition de 1954, ce qui permet de le lire autrement et d’en faire un instrument de connaissance beaucoup plus fin ; mais c’est dans la base de données qu’en est fournie la justification. Les caractéristiques de cette édition apparaissent dans Du manuscrit à l’édition, où sont également signalées les différences entre l’édition de 1999 et celle-ci, notamment pour les annexes qui trouvent ici leur place dans la base de données.

La base de données

Fonctions

La base de données permet, sous une forme normalisée, l’exploitation de toute l’information actuellement disponible sur tous les livres dont on sait que Montesquieu les a possédés. Outre les notices du Catalogue manuscrit, sont utilisées des sources allant du XVIIIe au XXIe siècle, et que nous avons parfois déjà citées : des reçus de libraires bordelais (1717-1722), des commandes à des libraires parisiens (1738), l’inventaire après décès du domicile parisien (1755), mais aussi les mentions inscrites sur le Catalogue manuscrit par Céleste à la fin du XIXe siècle, les deux catalogues de vente de 1926, les notices MARC des catalogues de la plupart des collections privées et des bibliothèques conservant aujourd’hui des ouvrages de la bibliothèque de La Brède, et d’abord celle de Bordeaux.

Il fallait en effet tirer parti du catalogage extrêmement fin réalisé au fil des années par celle-ci et complété par notre propre équipe pour plusieurs dizaines d’exemplaires : ce qui dans l’édition de 1999 était signalé ponctuellement, et donc incomplètement (contenu des ouvrages multiples et recueils factices, ex-libris antérieurs à Montesquieu, etc.) a été systématisé et réalisé dans les règles de l’art : ont été mises à disposition les notices MARC complètes, qui informent désormais de tout ce qui a été observé dans les ouvrages, aussi bien pour l’identification bibliographique qu’en matière de particularités d’exemplaires. Celles-ci sont innombrables : on verra quelles conclusions peuvent être tirées de l’examen de certaines reliures pour dater des ouvrages, et les possibilités qu’offriront peut-être les marques de classement ; mais d’ores et déjà on sait si les ouvrages possèdent des planches ou des cartes, s’ils sont incomplets ou mal reliés ; ce sont aussi les noms des libraires-imprimeurs, des traducteurs, des commentateurs, des graveurs, qui apparaissent, donnant consistance à une étude aux prises avec le réel et permettant les vérifications et les remarques les plus fines 1 .

Toutes ces informations sont accessibles par le biais de requêtes spécialisées par champ : sur les noms d’auteurs, les titres, les ajouts éditoriaux, les dates de publication, la période d’inscription dans le Catalogue manuscrit (en fonction de l’identification du secrétaire), ainsi que sur des champs complémentaires pour les ouvrages dont on a conservé la trace : langue et lieu (apparent) d’édition sous forme normalisée.

Par comparaison, la maigreur des informations disponibles, par exemple pour les ouvrages vendus en 1926, était patente. Mais il était possible de mieux les exploiter. Ainsi, pour plus de cinq cents ouvrages vendus en 1926, on avait eu recours en 1954 comme en 1999 aux descriptifs de ces catalogues de vente pour préciser l’adresse bibliographique et ajouter quelques détails aux notices correspondantes. On pouvait faire mieux, par exemple relever l’état de conservation, les caractéristiques de la reliure, le détail des contenus, qui n’avaient pu être évoqués que sommairement en 1999. Certes les descriptifs de ces catalogues sont beaucoup plus minces qu’une notice MARC fournie par des catalogueurs professionnels selon les normes actuelles, et surtout ils ne présentent pas les mêmes garanties de qualité : ils sont fortement datés, pour ne pas dire périmés, sur certains points ; de surcroît, ils étaient destinés à la vente, non à un catalogage scientifique ; mais ils sont exploitables, à condition qu’on les prenne pour ce qu’ils sont. La base de données s’étoffe donc de ces descriptifs, d’autant plus utiles qu’ils permettent d’identifier plusieurs ouvrages absents du Catalogue manuscrit.

Enfin, dans un grand nombre de cas (environ 1300 titres), est fourni un lien vers un exemplaire numérisé, si possible identique, sinon le plus proche possible de celui que possédait Montesquieu. En effet une nouvelle dimension s’est ouverte aux chercheurs depuis que sont devenus accessibles, via la numérisation, des ouvrages anciens en nombre considérable : l’idée d’avoir sous la main, ou du moins à l’écran, l’ouvrage que Montesquieu avait lu est séduisante. Pour les équipes de chercheurs attelés à l’édition des Œuvres complètes et dispersés à travers le monde, c’est aussi une nécessité. Mais c’est aussi une illusion : on sait que dans la librairie ancienne, tous les exemplaires d’une même édition ne sont pas identiques, et plus encore au fur et à mesure qu’on remonte vers les premiers temps de l’imprimerie. Faut-il pour autant se priver de cette ressource ? La même difficulté s’applique à tout ouvrage lu en bibliothèque… Nous avons donc choisi d’offrir l’accès à des ouvrages numérisés 2 , cette fonctionnalité étant destinée à évoluer et à s’enrichir au fil du temps de nouveaux liens, mais en nous efforçant de remédier à l’effet pervers de la dématérialisation : nous ne proposons pas seulement un lien vers une numérisation, nous signalons aussi le lieu de conservation de l’ouvrage et sa cote, afin de rappeler qu’il s’agit d’un exemplaire physique, doté de ses spécificités, et pour que toutes les vérifications soient possibles 3 .

Organisation

La base de données 4 signale tous les ouvrages inscrits dans le Catalogue manuscrit, dont elle reprend les notices. Elle y ajoute des remarques sur l’exemplaire ou l’édition, justifiant par exemple la datation de l’acquisition ou la modification de la date d’édition qui figure sur le Catalogue.

Pour les exemplaires conservés 5 , elle fournit des descriptifs bibliographiques complets, conformes aux normes de description des livres anciens, sous la forme de notices MARC, dont l’origine est chaque fois signalée ; toutes celles qui n’ont pas été réalisées par la bibliothèque municipale de Bordeaux l’ont été par Hélène de Bellaigue, conservateur honoraire.

Pour les exemplaires vendus en 1926, on a recherché systématiquement les ouvrages qui avaient pu échapper aux investigations précédentes, notamment parce qu’avait été omise la mention de l’ex-libris dans les notices ; les informations, sous forme normalisée, ont été tirées des descriptifs de ces catalogues, dont seuls les éléments manifestement erronés ont été supprimés. Le développement de cette recherche a permis de ne plus s’appuyer que de manière résiduelle sur les notices sommaires que Céleste avait inscrites sur le Catalogue manuscrit 6 . Sauf exception (pour des ouvrages conservés mais ne pouvant être décrits en détail), quand on avait trace de l’ouvrage, on a seulement signalé leur présence dans les catalogues de 1926, sans reprendre les descriptifs. Beaucoup sont réapparus, au fil des ventes ou des découvertes dans le catalogue des bibliothèques qui les avaient acquis ; quelques-uns étaient signalés en 1954 (essentiellement ceux qui avaient été acquis par la bibliothèque municipale de Bordeaux), quelques autres étaient venus s’y ajouter en 1999 ; ils sont beaucoup plus nombreux désormais – plusieurs dizaines –, et cette liste est évidemment destinée à s’allonger. On peut trouver, grâce aux hasards des ventes et des legs, des ouvrages de la bibliothèque de La Brède à Nanterre et à Versailles, à Noyon et à Libourne ou Angers, et bien sûr à Paris, mais aussi en Belgique, en Suisse, au Portugal, et surtout aux États-Unis. Non seulement il est devenu plus facile d’avoir accès à ce type d’informations, mais des collectionneurs privés nous ont libéralement donné accès aux ouvrages qu’ils possèdent.

Les ouvrages récemment passés en vente sont également signalés comme tels ; sont fournies les informations nouvelles apparaissant lors de ces ventes.

À titre complémentaire et expérimental, ont été retenues les mentions d’achat ou d’envoi figurant dans les deux premiers volumes de Correspondance, qui couvrent la période 1730-1747 (voir Vers une bibliothèque intellectuelle).

La base fournit aussi le titre de ceux qui, sans apparaître dans le Catalogue manuscrit, ont appartenu de manière certaine à Montesquieu, ainsi que toute l’information disponible sur ceux-ci, en précisant bien sûr chaque fois l’origine de cette information : descriptif bibliographique complet s’ils se trouvent dans le fonds de La Brède ou dans une bibliothèque privée ; fiche tirée des catalogues de vente de 1926 ; titre (et éventuellement date) s’il s’agit d’ouvrages identifiés à partir de documents autres (reçus de libraires bordelais, ouvrages de médecine recherchés en 1738, titres signalés par Céleste sur le Catalogue manuscrit).

Les liens vers des numérisations sont de plusieurs sortes, que l’on peut classer en fonction de leur proximité par rapport aux ouvrages que lisait Montesquieu :
– ouvrages ayant appartenu à Montesquieu (quatre seulement à la date de mars 2015 7 ) ;
– ouvrages considérés comme identiques à ceux de Montesquieu (même titre, même adresse bibliographique, même année), sous réserve de comparaison page à page (qui n’a pu être faite dans les limites de la présente édition) ;
– ouvrages réputés identiques à ceux de Montesquieu (même titre, même lieu d’édition, même année), mais sans qu’on puisse savoir si les autres caractéristiques, notamment le nom de l’imprimeur-libraire, sont identiques ou différentes, l’ouvrage n’ayant pas été décrit et étant inaccessible ou perdu ; cette catégorie n’est pas différenciée de la précédente, mais le lecteur peut facilement la reconnaître, puisqu’il s’agit d’ouvrages dont on n’a pas de traces ;
– ouvrages d’une édition différente, mais proche, quand aucune édition identique n’a pu être repérée.

Les utilisateurs de la Bibliothèque virtuelle sont invités à enrichir un instrument de travail mis au service de tous en nous transmettant toute information sur des ouvrages ayant appartenu à Montesquieu ou des éditions numérisées qui permettraient d’améliorer la qualité de cet ensemble de liens. Les propositions de correction sont aussi les bienvenues, tant se sont révélées difficiles la mise au point et la présentation d’un tel ensemble ; tout ce qui en renforcera la cohérence et l’exactitude, et de manière générale tout ce qui en facilitera le fonctionnement, ne peut être que souhaité.

L’accès au Catalogue de La Brède, devenu familier aux spécialistes du XVIIIe siècle depuis 1954, ne pouvait être réservé aux seuls chercheurs chevronnés, déjà familiarisés avec l’œuvre de Montesquieu : toute personne désireuse d’entrer dans une bibliothèque du XVIIIe siècle peut y trouver désormais une porte d’entrée, grâce à la base de données. Toutes les informations ne seront pas utiles à tous les utilisateurs ; peu importe, car son ambition est aussi d’être utile aussi bien à l’historien du livre qu’à celui qui s’intéresse à Montesquieu, ou qui porte sur le siècle des Lumières un regard curieux.

Les progrès réalisés depuis l’édition de 1999 montrent aussi qu’en quinze ans, les connaissances peuvent avancer considérablement, non en raison d’une découverte majeure, mais à condition que l’on jette un regard nouveau sur une documentation en grande partie déjà connue, ou que l’on croyait telle. Notre perspective a également changé : nous n’avons pas seulement amassé des connaissances sur les lectures de Montesquieu, nous avons construit l’outil qui nous permettra de parcourir et de structurer l’ensemble de son œuvre, et ainsi de jeter les bases de la Bibliothèque intellectuelle.

Notes

1 Une convention liant la Ville de Bordeaux et l’ENS de Lyon a permis la réutilisation des descriptifs bibliographiques, tels qu’ils apparaissent dans le catalogue de la bibliothèque municipale.

2 Nous avons limité la recherche aux ouvrages librement accessibles, nous interdisant par exemple de signaler ceux de la base ECCO (Eighteenth Century Collections Online), accessible seulement sur abonnement – même si celui-ci est actuellement proposé par toutes les bibliothèques universitaires françaises, nous ne souhaitions pas proposer des références qui ne soient pas accessibles à tous les utilisateurs.

3 Il aurait sans doute été préférable de ne proposer que des permaliens, garantis par des institutions solides (Bibliothèque nationale de France, Bayerische Staatsbibliothek, etc.). Nous l’avons fait dans la mesure du possible ; mais certaines numérisations offertes par Gallica ne présentent pas toutes les garanties de qualité visuelle ni même une parfaite rigueur bibliographique, car elles sont issues de microfilms, sans que soit signalé quel est l’exemplaire original utilisé par ceux-ci. D’autre part, la commodité d’utilisation de l’interface fait partie des paramètres dont il faut tenir compte : ainsi, malgré tous les avantages qu’elles présentent, on n’a pas cherché à privilégier les numérisations fournies par Hathitrust ou Internet Archive, qui ne facilitent pas les recherches ou la lecture.

4 Pour les caractéristiques techniques, voir Informations sur l’édition.

5 Sauf pour quelques-uns, conservés dans une collection privée et dans des bibliothèques étrangères ; mais dans ce dernier cas, renvoi est fait à la notice du catalogue informatisé de ces bibliothèques.

6 Ils correspondaient aux numéros 3237 à 3300 de l’édition de 1999 du Catalogue, qui n’existent plus dans la présente édition (voir Du manuscrit à l’édition). Il subsiste actuellement au château de La Brède un grand nombre de fiches manuscrites de la main de Céleste ; mais celles-ci n’apportent aucune information supplémentaire par rapport à ce que celui-ci a inscrit sur le Catalogue manuscrit ou ce qui est observable par d’autres moyens (nous remercions tout particulièrement Édith Ouy, guide de La Brède, de nous les avoir signalées et de nous avoir permis d’opérer ces vérifications indispensables).

7 Catalogue, no 933 : Jean Masuer, Practica forensis, ouvrage ayant appartenu à Montaigne ; Catalogue, no 1972 : Adrien Turnèbe, Adversaria (numérisés par la bibliothèque de Bordeaux dans le cadre du projet ANR « MONLOE », Tours)  ; no 1432 : Hermann Conring, De habitus corporum Germanorum […] causis, conservé à la bibliothèque universitaire de Gand ; no 584 : Alcorano di Macometto, conservé aux archives départementales des Hauts-de-Seine, bibliothèque André-Desguine.